Alors que le rapport IGAS-IGF sur la chaîne de distribution du médicament – rendu public il y a 2 mois – confirmait une baisse de rentabilité des officines, l’Assurance maladie tire les mêmes conclusions.
Dans son rapport Charges et Produits 2027, la Cnam souligne que « le secteur présentant la rentabilité globale la plus faible est celui des pharmacies d’officine, mesurée à 4,7 % en 2023 », en comparaison avec d’autres secteurs de soins privés comme la radiothérapie ou la médecine nucléaire, les plus rentables.
« Une rentabilité opérationnelle en recul »
En 2023, l’excédent brut d’exploitation (EBE) « s’élevait à 3 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur des pharmacies d’officine, soit un niveau identique à celui de 2018 », peut-on lire dans le rapport.
Or, en parallèle sur la même période, le chiffre d’affaires total du secteur official a bondi de 9 milliards d’euros. Aussi, « il en résulte une rentabilité opérationnelle en recul de près de 20 % entre 2018 et 2023, et de 3 pp (-31%) entre 2022 et 2023 », tient à la souligner l’Assurance maladie.
« Développer une analyse approfondie des groupements »
Alors que la rentabilité des officines s’érode, l’Assurance maladie – comme le rapport IGAS-IGF il y a quelques mois – s’interroge sur la part de plus en plus importante prise par les groupements de pharmacies.
« Depuis 2020, la performance opérationnelle de cet acteur (les groupements NDLR) a fortement progressé, de plus de 50%, faisant des groupements l’acteur de la chaîne du médicament qui a le plus progressé devant les laboratoires pharmaceutiques », précise le rapport, qui note que les groupements « semblent capter une partie de la valeur pour les médicaments remboursables ».
Aussi, pour l’Assurance maladie, les groupements peuvent offrir une porte d’entrée aux fonds d’investissement privés vers l’officine. « À l’instar des cabinets dentaires, les règles qui encadrent les SEL des pharmacies d’officine interdisent la participation d’acteurs financiers au capital de ces sociétés. Ces derniers investissent alors dans les groupements d’officines qui proposent des services à leurs membres, moyennant un reversement d’une partie du chiffre d’affaires des pharmacies », résume la Caisse.
Face à cela, l’Assurance maladie recommande donc de « développer une analyse approfondie des groupements et notamment des liens avec les officines », afin de « comprendre les évolutions contrastées de la situation économique des différents acteurs de la chaîne de distribution des médicaments ». Une proposition qui pourrait se retrouver dans le Budget de la Sécu débattu à l’automne.


