« Une approche timorée ». France Assos Santé et la Ligue contre le cancer ont réagi aux propositions de l’Assurance maladie dans son rapport « Charges et produits » pour contribuer à l’équilibre financier du système de santé.
Désescalade thérapeutique, renforcement des génériques et des biosimilaires, virage ambulatoire de certains protocoles… plusieurs des 42 pistes d’économies formulées par la Cnam concernent l’oncologie. Des propositions qui « restent toutefois largement insuffisantes » pointent les deux associations, « face aux milliards d’euros consacrés chaque année aux nouveaux anticancéreux ».
« Le véritable enjeu est de prescrire mieux, sur la base de preuves solides de réels bénéfices pour les patients, indiquent-elles. Aujourd’hui encore, de nombreux anticancéreux arrivent sur le marché sans démonstration robuste d’un gain de survie ou d’amélioration de la qualité de vie, alors que ces deux critères sont primordiaux pour les patients. Pourtant, le système français continue très largement à prescrire et financer ces traitements sans disposer des outils permettant d’en mesurer les résultats en vie réelle ».
« La pertinence plutôt que les volumes »
En l’absence de mesures fortes, « excepté la mise en œuvre d’essais de désescalade thérapeutique dans la continuité du rapport de 2026 », France Assos Santé et la Ligue contre le cancer avancent plusieurs pistes « fondée(s) sur des résultats tangibles ».
Elles proposent, par exemple, « que tous les essais confirmatoires recueillent systématiquement des données de survie globale et de qualité de vie », « que les essais de désescalade thérapeutique bénéficient enfin d’un financement dédié par les industriels et l’Assurance maladie » ou encore que « que les modalités de financement des établissements encouragent la pertinence plutôt que les volumes » et le recours à l’accord préalable avec l’Assurance maladie ou à des systèmes d’aide à la décision médicale « lorsque cela est justifié ».
« Les soins non pertinents, à commencer par les surprescriptions provoquent des effets indésirables, parfois graves, sans pour autant permettre aux patients de bénéficier d’une augmentation de l’espérance de vie ou d’une amélioration de la qualité de vie, déplorent les deux associations. Ces pratiques inappropriées génèrent également des dépenses inutiles par notre Assurance maladie solidaire. » Elles appellent l’exécutif « à transformer les propositions prudentes de l’Assurance maladie en réformes concrètes ».


