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Traitements anticancéreux, biosimilaires, prix : la Cnam propose 1,3 milliard d’euros d’économies sur le médicament

Le 2 juillet dernier, l’Assurance maladie a publié son traditionnel rapport « Charges et produits » pour l’année 2027. Un document articulé autour de 40 propositions, qui augure souvent de la ligne directrice du prochain Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), débattu cet automne, dans un contexte d’élection présidentielle.

Objectif pour 2027 : faire économiser 3,9 milliards d’euros à la Sécu, alors que le déficit de l’Assurance maladie plafonnera cette année à 13,8 milliards d’euros. Pour dégager de la trésorerie, comme l’année dernière, la Cnam entend miser sur la prévention, et agir « davantage sur la pertinence et l’efficacité des dépenses via une régulation volontariste », reprenant son mantra du « juste soin au juste prix ».

« Désescalade thérapeutique » en oncologie

Principal poste d’économie, sans surprise, le médicament. La Caisse souhaite dégager 1,3 milliard d’euros l’année prochaine sur ce champ, alors que « les dépenses de médicaments remboursés par l’Assurance Maladie continuent d’augmenter fortement », dans un contexte de vieillissement de la population et de développement des traitements chers.

L’Assurance maladie propose ainsi de poursuivre les baisses de prix sur les produits de santé, de promouvoir l’arrivée de nouveaux biosimilaires, mais entend aussi s’attaquer à certains traitements en oncologie.

Des molécules anticancéreuses dans le viseur de la Cnam car elles « représentent un quart des dépenses de médicaments et en est le principal moteur de croissance », avec une hausse de 10,2% par an, observée sur les cinq ans.

Argument de l’Assurance maladie : alors que ces nouveaux traitements sont très onéreux, « les analyses réalisées montrent que 80 % des nouvelles molécules en oncologie bénéficient d’un ASMR V, soit une amélioration du service médical rendu mineure ou inexistante ». Ainsi, « le déport de prescription vers des molécules récentes, plus onéreuses, compense largement les baisses de prix obtenues par ailleurs », regrette la Cnam.

Pour 2027, l’Assurance maladie propose donc de « réduire l’intensité ou la durée de certains protocoles sans perte de chance pour le patient » et « mieux adapter les prises en charge aux personnes âgées atteintes de cancer ».

En bref, entamer ce qu’elle appelle une « désescalade thérapeutique », citant quelques exemples dans l’immunothérapie du cancer du poumon, la leucémie lymphoïde chronique ou encore le cancer de l’ovaire.

Alléger le parcours de soin

Dans le détail, l’économie envisagée sur les traitements du cancer pourrait passer par le fait de « privilégier les voies d’administration allégeant le parcours de soins (virage ambulatoire) ou bien encore de favoriser les molécules du répertoire face aux alternatives récentes coûteuses », illustre la Cnam.

Le tout en misant sur l’arrivée des génériques et biosimilaires : « l’arrivée probable de génériques (enzalutamide, ibrutinib à court terme ; palbociclib à moyen terme) et de biosimilaires des anti-PD-1 (nivolumab, pembrolizumab) à la fin de la décennie ouvrira des marges d’économies substantielles pour l’Assurance maladie », peut-on lire dans le rapport.

Biosimilaire et déprescription

Le biosimilaire, justement, reste un poste majeur d’économie espéré par la Cnam. Si elle félicite leur montée en puissance – « près de 80% de taux de pénétration des biosimilaires en janvier 2026 contre 45% en janvier 2025 sur les biomédicaments substituables » – la Caisse propose de renforcer la prescription dans le répertoire des génériques/biosimilaires.

Des améliorations sont aussi attendues dans les DROM, où le taux de pénétration des biosimilaires est nettement moins élevé : de 5,5% en Guyane, à 20% en Martinique et en Guadeloupe, et jusqu’à 38% à La Réunion.

Enfin, dernière mesure de régulation du médicament : continuer à pousser à la déprescription, en particulier grâce à la coopération entre médecin et pharmacien autour du bilan partagé de médication. Pour 2027, la Cnam propose aussi de s’assurer, à la sortie d’hospitalisation, « de la mention explicite des médicaments déprescrits et l’expliquer dans la lettre de sortie ».

C’était déjà une évolution proposée en 2026 par l’Assurance maladie : conditionner le tiers payant à la présentation de la carte Vitale. Une mesure qui pourrait passer par des « mesures conventionnelles ou législatives », avec pour objectif de lutter contre la fraude.