Hier 3 juin, l’Assurance maladie a présenté aux syndicats de pharmaciens son observatoire de l’honoraire en officine. Une réunion bisannuelle pour clôturer les chiffres de l’année 2025.
Résultat : alors qu’entre 2024 et 2025, la dépense sur l’ensemble du médicament a augmenté de 1,881 milliard d’euros, la marge du pharmacien, elle, a gagné 90 millions d’euros. Une augmentation de + 4,75 %. « Ce qui montre bien que l’augmentation de la marge n’est faite que sur les médicaments chers », souligne Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO.
Baisse de l’honoraire à la boîte
Avec la signature de l’avenant 1, l’honoraire de dispensation, elle, augmente sans surprise de + 19,8 % en un an.
Dans le même temps, l’honoraire à la boîte perd 1,3 %, le nombre de boites dispensées en 2025 est donc en baisse. Autre chute présentée par la Cnam : celle de l’honoraire pour ordonnance dite complexe, de 5 lignes ou plus. « C’est une baisse récurrente, cette honoraire a presque été divisée par deux entre 2015 et 2025 », précise Pierre-Olivier Variot.
Enfin, l’honoraire lié aux médicaments spécifiques chute aussi, « je pense que c’est peut-être lié aux antibiotiques, ce qui veut dire que le travail de bon usage est bien fait ».
« Les missions ne doivent pas être là pour compenser ce que l’on perd ailleurs »
Avec une baisse de 12 % des volumes de médicaments distribués en officine entre 2009 et 2022, « il faut désormais bâtir un système économique basé sur le bon usage et la pertinence des soins », souligne le président de l’USPO. Car dans le même temps, les missions du pharmacien explosent : + 22 % sur la vaccination antigrippale, + 120 % sur les rappels vaccinaux…
« Nous avons fait le pari, avec l’Assurance maladie, de sortir du champ du commerce pour aller vers celui du professionnel de santé. Mais les missions ne doivent pas être là pour compenser ce que l’on perd ailleurs », tient à souligner Pierre-Olivier Variot, qui appelle à l’ouverture rapide d’un avenant 3 pour refondre le modèle de rémunération officinale.

