« La France est le premier pays de l’Union européenne qui accède au remboursement de façon pérenne », s’est félicitée la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur TF1, ce jeudi 28 mai.
C’est désormais acté : Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) seront pris en charge par l’Assurance maladie pour les patients en situation d’obésité, à partir du 15 juin prochain.
Une décision attendue depuis décembre 2025, date à laquelle la Haute autorité de Santé avait donné un avis favorable au remboursement de ces deux aGLP-1, dans des conditions restreintes.
Quatre arrêtés publiés ce 28 mai au Journal officiel viennent donc inscrire Wegovy et Mounjaro à la liste des spécialités remboursables et en fixer le prix et le taux de remboursement. Le récap.
Quels patients sont concernés ?
Wegovy et Mounjaro pourront être remboursés uniquement chez l’adulte « en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois), en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids », peut-on lire sur l’arrêté.
Et ce, chez les patients adultes :
– ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 40 kg/m2 sans comorbidité.
– ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m2 avec une comorbidité.
Le texte réglementaire détaille les comorbidités concernées, par exemple : obésité associée à un diabète de type 2, à une hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux, une stéatose hépatique non alcoolique, un SOPK, des problèmes de fertilité ou encore un syndrome d’apnée du sommeil.
La liste complète des comorbidités est à retrouver sur les arrêtés.
Mounjaro également remboursé dans le diabète de type 2
À noter que Mounjaro, au-delà de l’obésité, pourra être remboursé dans le diabète de type 2, chez les adultes lorsque la maladie est « insuffisamment contrôlée, en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique », et en association :
– en bithérapie avec la metformine
– en trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant
– en trithérapie avec la metformine et une insuline basale
Qui pourra prescrire ?
Alors que Wegovy et Mounjaro peuvent être prescrits depuis juin 2025 par tous les médecins (dans le respect de l’AMM), cette fois-ci, pour obtenir leur remboursement, les conditions de prescription deviennent très restreintes.
Les prescriptions initiales de ces deux aGLP-1 sont réservées « aux professionnels exerçant dans les structures de santé impliquées dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3 », indiquent les arrêtés.
À savoir : médecins exerçants en centres spécialisés obésité (CSO), dans un CHU, dans un SMR de « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition » ou les endocrinologues en lien avec un CSO.
« Le médecin généraliste pourra en revanche faire le renouvellement », a indiqué ce jeudi lors d’une conférence de presse Isabelle Lonjon-Domanec, directrice médicale de Novo Nordisk.
Cerfa et justificatif de prescription
Sans surprise, comme pour les autres aGLP-1 dans le diabète de type 2, le remboursement de Wegovy et Mounjaro dans l’obésité sera conditionné à la présentation du fameux justificatif de prescription. Ce document qui indique si la prescription respecte les indications ouvrant le droit au remboursement.
Autre précision : « il va y avoir une ordonnance d’exception, avec un formulaire Cerfa », souligne Isabelle Lonjon-Domanec.
Quant aux ruptures de stock : « il y a eu des tensions d’approvisionnement, mais qui n’existent plus sur Ozempic et Wegovy », veut rassurer la directrice médicale de Novo Nordisk.
Quelle prise en charge ?
Wegovy et Mounjaro seront pris en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 65 %.
Quel prix ?
Pour Wegovy, le prix public toutes taxes comprises (PPTTC) s’étale de 146,91 à 195,10 euros, en fonction des dosages.
Pour Mounjaro, le PPTTC s’étale de 176,10 à 433,80 €, en fonction des dosages.

