Louis Maertens, expert-comptable, analyse l’évolution de l’activité et de la rentabilité des officines des
Hauts-de-France.
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Population étudiée : 326 OFFICINES
Nous avons retenu dans notre échantillon les pharmacies ayant des exercices 2024 et 2025 qui ont une durée de 12 mois et n’ont pas subi de regroupement ou de transfert au cours de 2025.
Analyse par la marge
Rémunération des nouvelles missions, impact des ventes de molécules chères (près de 40 % CA 2,10 %) sont autant d’éléments qui rendent obsolète l’analyse par le chiffre d’affaires. Dès lors, l’analyse se basant sur la marge semble être plus pertinente, notamment concernant les ratios de masse salariale (38,79 %) et de frais généraux (18,40 %).
En 2025, la marge augmente de 19 100 euros : ce phénomène inverse la tendance constatée en 2024.
Malgré une augmentation des charges, justifiée notamment par la généralisation des robots et des étiquettes électroniques, l’EBE progresse toutefois de 11 500 euros et confirme l’amélioration de la rentabilité par rapport à 2024.
Acquisition et financement
Nous constatons un maintien du pourcentage d’apport personnel attendu. Les cédants des petites officines (CA < 1 200 K€) peinent toujours à trouver preneur tandis que les officines d’une taille significative (CA > 2 000 K€) se cèdent plus facilement, accompagnées par des groupements proposant aux repreneurs leur booster d’apport et le schéma associatif via le concours d’investisseurs.
Bien que fragiles, les petites officines en milieu rural demeurent nécessaires au maintien du maillage territorial et trouvent toute leur légitimité en matière de santé publique.
La valorisation en pourcentage du CA devenant désuète, les multiples de marge et d’EBE deviennent incontournables.
Le dispositif d’amortissement du fonds de commerce reconduit jusqu’en 2029 donne un nouveau souffle au marché des transactions.
Et 2026 ?
Sur le plan de la transaction, l’effet taille est toujours plus marqué : les petites structures sont en grande difficulté pour trouver un acquéreur. Les phénomènes de regroupement/fermeture s’intensifient. La hausse des coûts et des taux d’intérêt ne semble pas refroidir les acquéreurs. Du côté performances, VIEWPHARMA, le tableau de bord que nous développons chez CGP, présente un début d’année encourageant avec une hausse du chiffre d’affaires portée partiellement par les produits chers, une légère hausse de la marge entamée par la hausse des salaires. L’EBE va, selon toute vraisemblance, se stabiliser. •



