Réforme des cotisations sociales : pharmaciens, ce qui change vraiment en 2026

Depuis le 9 avril 2026, les déclarations de revenus 2025 sont ouvertes. Et cette année, le parcours déclaratif entraîne une nouveauté de taille pour les pharmaciens titulaires : une refonte complète du calcul de leurs cotisations sociales. Prévue par la LFSS 2024, cette réforme entre en application concrète maintenant, à la régularisation des cotisations 2025.

Le revenu brut social : nouvelle pierre angulaire

Le changement central tient en un concept : le revenu brut social. Avant la réforme, deux assiettes coexistaient. L’une servait au calcul des cotisations sociales — le revenu net fiscal. L’autre, plus large puisqu’elle réintégrait les cotisations obligatoires et facultatives, servait de base à la CSG-CRDS. Un système circulaire que les experts-comptables connaissent bien — et sa complexité aussi.

Désormais, le calcul s’effectue de la manière suivante :

  • Pour les entreprises individuelles et les gérants à l’IR (Impôt sur le revenu) :

Revenu « Brut Social » = « Chiffre d’affaires ou recettes » moins « charges d’exploitation » (charges comptables admises fiscalement en déduction) sans déduction des cotisations sociales et de la CSG Déductibles

  • Pour les entreprises individuelles et les gérants à l’IS (Impôt sur les sociétés) :

Revenu « Brut Social » = « Rémunérations » et « dividendes » moins « frais réels », sans déduction des cotisations sociales et de la CSG déductible

L’URSSAF y applique ensuite un abattement forfaitaire de 26 %, et le résultat forme l’assiette unique : celle sur laquelle sont calculées à la fois les cotisations sociales et la CSG-CRDS. Une seule base, un seul calcul. Plus lisible, et plus simple pour le déclarant qui n’a plus à ventiler ses cotisations obligatoires et facultatives.

 

Ce que cela change pour le titulaire d’officine

La promesse affichée : un niveau global de prélèvement équivalent, avant et après réforme.

La CSG-CRDS, calculée sur une assiette désormais réduite, diminue d’environ 20 %. En contrepartie, les cotisations dites contributives (Maladie-Invalidité) — celles qui ouvrent des droits —, augmentent. Les cotisations retraite de base et complémentaires augmentent également, permettant l’acquisition de droits supplémentaires.

Pour les pharmaciens, contrairement aux artisans-commerçants cotisants auprès de l’URSSAF, les cotisations retraite et invalidité-décès des pharmaciens sont recouvrées par la CAVP.

Conséquences à prévoir : côté ­URSSAF, la baisse de CSG peut compenser la hausse de la cotisation maladie. Des remboursements URSSAF sont donc possibles lors des régularisations.
Mais côté CAVP, la hausse des cotisations retraite est à prévoir.

Le titulaire se retrouve donc face à un mouvement en ciseau : un allègement d’un côté, un alourdissement de l’autre, avec un décalage calendaire puisque la CAVP a appliqué ses nouveaux barèmes dès janvier, tandis que la baisse de CSG ne se matérialise qu’à compter d’avril.

Ce qu’il faut faire maintenant

La déclaration 2035 établie pour les associés de SEL ou la déclaration 2031 pour les autres catégories de revenus intègrent désormais des rubriques dédiées au revenu brut social, avec des items spécifiques (sommes à réintégrer, sommes à déduire).

Ce qu’il faut savoir : ne pas appliquer soi-même l’abattement de 26 % dans la déclaration 2042. C’est l’URSSAF qui le fait.

Le seul cas où le titulaire doit l’appliquer lui-même, c’est lorsqu’il effectue une estimation de revenu pour ajuster ses cotisations provisionnelles.

 

Un progrès réel, à condition d’être accompagné

Cette réforme n’est pas qu’un exercice technique. En renforçant les cotisations contributives, elle améliore concrètement les droits à la retraite et aux indemnités journalières des pharmaciens libéraux — un rééquilibrage attendu par la profession. Mais sa mise en œuvre exige une lecture fine des flux entre URSSAF et CAVP que peu de titulaires maîtrisent seuls.

Chez Extencia, nous accompagnons les pharmaciens d’officine depuis plus de quarante ans. Ce type de transition, nous savons le piloter. N’attendez pas la régularisation pour découvrir l’impact : faites-en un sujet de votre prochain rendez-vous avec votre expert-comptable.