Médicament anti-obésité : le liraglutide mis sur le marché en France

Le liraglutide est un analogue du glucagon-like peptide-1 (GLP-1). Le GLP1 humain est une incrétine secrétée en post-prandial par le tube digestif pour réguler l’appétit dans le cerveau. La liraglutide est homologue à 97% au GLP-1 humain, mais sa demi-vie est plus longue. Ses propriétés sont insulinostimulantes, anti-hyperglycémiant, et satiétogène. La prise alimentaire est baissée.

AMM en 2015

Le liraglutide, commercialisé à 6mg comme antidiabétique en France, est utilisé depuis 5 ans aux États-Unis contre l’obésité. En 2015, il obtient une AMM européenne dans cette indication et est aujourd’hui commercialisé dans contre l’obésité dans 48 pays. En mars 2021, le Saxenda (liraglutide 3 mg) est lancé en France par Novonordisk dans cette indication.

Deux médicaments anti-obésité sont donc disponibles en France. L’orlistat d’un côté, lancé en 2011, mais qui, faute de recommandations HAS, est peu prescrit. Et le Saxenda aujourd’hui. Depuis la fin des années 1980, toutes les molécules anti-obésité ont fini par être retirées du marché au cause de leurs effets indésirables, du benfluorex au rimonabant, en passant par le triaticol.

Non remboursé, l’orlistat diminue de 30 % l’absorption des graisses intestinales, avec comme promesse une perte de poids qui excède rarement 3 kilos par an et des diarrhées et flatulences huileuses

Régime de mise

Les études de phase 2 et 3 présentées par le laboratoire ont montré un effet supérieur du liraglutide sur la perte de poids, par rapport au placébo ou à l’orlistat. En phase 3, la perte de poids moyenne était de 8% après 56 semaines chez les patients obèses ou avec un IMC > 27 atteints de comorbidités. Néanmoins, tous les patients inclus devaient suivre un régime alimentaire amputé de 500kcal par jour et une activité physique accrue.

Indications

Saxenda est indiqué en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique dans le contrôle du poids chez des patients adultes ayant un IMC initial ≥ 30 kg/m² (obésité), ou ≥ 27 kg/m² et < 30 kg/m² en présence d’au moins un facteur de comorbidité lié au poids tel qu’une dysglycémie (prédiabète ou diabète de type 2), une hypertension artérielle, une dyslipidémie ou un syndrome d’apnée obstructive du sommeil.

Nausées

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs, à commencer par les nausées, observées chez 40% des participants de l’étude de phase 3. Viennent ensuite vomissements, diarrhée ou la constipation. Il est contre-indiqué en cas de grossesse, allaitement, antécédent de pancréatite, de cancer du pancréas et de néoplasies endocriniennes multiples. Stylo prérempli Saxenda se présente sous forme de solution injectable en stylos préremplis. L’administration sous-cutanée se fait par paliers de 0,6 mg espacés d’au moins une semaine. Si après 3 mois, le patient n’a pas perdu au moins 5% de son poids initial, le traitement devra être interrompu.

240 euros

Aucun dossier n’a été déposé en vue d’un remboursement du Saxenda, même si le laboratoire ne l’exclut pas dans l’avenir. Faute de quoi, le Saxenda n’est pas remboursé et le prix reste libre à l’officine. Novonordisk précise que ce prix peut se situer entre 8 à 10 euros par jour, soit au moins 240 euros par mois à débourser par le patient.