Revue de presse : janvier 2021

  • Covid : comment les IgA protègent-elles les muqueuses ?
  • Des psychobiotiques contre la dépression ?
  • Le tamoxifène bénéfique pour les artères ?
  • Une thérapie génique pour recouvrer la vue

Covid : comment les IgA protègent-elles les muqueuses ?

Sécrétées en grandes quantités, les IgA jouent un rôle de protection immunitaire des muqueuses, notamment respiratoires.

Des chercheurs de l’Inserm et de Sorbonne-Université ont tenté de comprendre quel rôle jouaient ces anticorps dans la neutralisation du SARS-CoV-2. Ils ont, pour cela, suivi les cellules immunitaires dans le sang de 38 patients infectés.

Premier résultat étonnant : les IgA sont les premiers anticorps détectables du virus, alors qu’habituellement c’est la réponse IgM qui est dominante au début de l’infection ; les IgA garantissent donc une réaction immunitaire très précoce. Dans les premières semaines qui suivent l’infection, ces IgA assurent par conséquent la majeure partie du travail de neutralisation du virus.

Quelque 30 jours après l’infection, la présence d’IgA dans les muqueuses n’est quasiment plus détectable. Au niveau salivaire, cette décrue s’opère 40 à 70 jours plus tard. L’étude précise par ailleurs que l’effet protecteur de la salive pourrait disparaître après 6 mois. « Ces résultats préliminaires sur la salive n’impliquent pas forcément une absence de protection au niveau tissulaire, surtout chez les patients ayant présenté une forme plus sévère de la maladie », pondère l’Inserm.

Parce qu’elles seraient les premiers boucliers contre le SARS-CoV-2, les IgA ont un rôle fondamental. L’équipe de recherche propose ainsi d’examiner l’action des nouveaux vaccins sur cette réponse IgA.

Publié dans Science Translational Medicine, le 7 décembre 2020

DOI: 10.1126/scitranslmed.abd2223


Des psychobiotiques contre la dépression ?

Le lien entre microbiote et troubles de l’humeur est avancé depuis plusieurs années. Une équipe de recherche du CNRS et de l’Inserm vient de montrer comment un microbiote altéré peut entraîner un état dépressif chez la souris. Ainsi, un stress chronique altérerait la composition du microbiote intestinal, entraînant un effondrement de certains métabolites lipidiques dans le sang et le cerveau : les endocannabinoïdes. Le manque d’endocannabinoïdes dans l’hippocampe induit alors la survenue d’un état dépressif, selon les chercheurs, qui précisent qu’un simple transfert du microbiote d’un animal dépressif à un animal sain confère à celui-ci des troubles de l’humeur. En prise orale chez la souris, une souche de lactobacille a permis de restaurer un niveau normal de métabolites lipidiques.

Publié dans Nature Communications, le 11 décembre 2020

DOI : 10.1038/s41467-020-19931-2


Le tamoxifène bénéfique pour les artères ?

Utilisé dans le cancer du sein, le tamoxifène bloque les récepteurs œstrogènes ERa et inhibe leur prolifération. Des chercheurs toulousains viennent de montrer que son spectre d’action s’étendrait également au niveau cardiovasculaire. Ainsi, il activerait, au contraire, les récepteurs au 17ß-oestradiol présent sur les cellules musculaires lisses. Chez les modèles murins utilisés par l’équipe de recherche, le tamoxifène accélère ainsi le renouvellement de la couche endothéliale qui protège les artères, entraînant une cicatrisation de la paroi de ces vaisseaux. Si les résultats restent à confirmer chez l’homme, les chercheurs se félicitent de la découverte d’un nouveau mécanisme d’action pour cette molécule prescrite à des milliers de femmes.

Publié dans Circulation Research, le 4 décembre 2020

DOI : 10.1161/CIRCRESAHA.120.317062


Une thérapie génique pour recouvrer la vue

La neuropathie optique familiale de Leber est une maladie rare, héréditaire, et jusqu’ici incurable. Elle est la conséquence d’une mutation sur l’ADN mitochondrial, affectant la production de la protéine ND4 et entraînant un déclin soudain de la vision des deux yeux, à l’adolescence, qui conduit à la cécité. Une équipe de l’Institut de la vision a mis au point une thérapie génique innovante pour corriger le gène ND4 et a mené un essai clinique sur 37 patients. Résultat : les chercheurs ont observé une amélioration bilatérale de la vision chez 75 % des patients. L’enjeu était d’autant plus complexe que la thérapie génique, portée par un vecteur viral, devait uniquement cibler l’ADN mitochondrial. Pour cela, l’équipe a utilisé une approche consistant à ajouter au gène médicament une « séquence d’adressage » pour que la traduction en protéine se fasse uniquement au contact des mitochondries. Une demande d’AMM a été déposée auprès de l’EMA.

Publiée dans Science Translational Medicine, le 9 décembre 2020

DOI: 10.1126/scitranslmed.aaz7423