0.3 %, 0.6 %, 0.1 %… Quel réel taux de mortalité pour le Covid ?

L’Académie de médecine rappelle que les taux liés au virus SARS-CoV-2 sont estimés selon différentes méthodes dans le monde. Les comparaisons hâtives sont nuancer.

Comme tout virus à tropisme respiratoire, le SARS-CoV-2 peut en théorie infecter 60% de la population avant que l’immunité collective n’en freine la propagation.

Taux de reproduction, taux de létalité : quelle fiabilité ?
Comme l’atteste une étude de l’Imperial College de Londres, largement relayée par les médias, le confinement a permis d’éviter la mort de plus de 3,1 millions d’européens. D’ailleurs, l’évolution du taux de reproduction de l’infection (R0) corrobore l’efficacité de confinement : 2,8 à son maximum le 15 mars, le taux diminue à 0,8 le 11 mai et jusqu’à 0,7 au 31 mai dernier, d’après un communiqué de l’Académie de médecine.

Estimer le taux de contaminés, et de fait celui de létalité, est difficile. En effet, nombreuses sont les personnes malades non testées et non déclarées. A ce jour, une estimation du taux de létalité entre 0,3% et 0,6% est avancée par les épidémiologistes. Rappelons d’ailleurs que ces taux ont implosé lorsque les cas Covid-19 des EHPAD ont été comptabilisés.

Quels sont les décès déclarés ?
Nous parlons ici du taux de mortalité. Il inclut tous les décès survenus chez personnes confirmées séropositives par RT-PCR à l’hôpital. De même pour les personnes âgées décédées en EHPAD mais de façon non exhaustive. « Les décès survenus à domicile sont estimés ultérieurement par l’excès de mortalité à partir des données d’État civil recueillies par l’INSEE » nous informe les académiciens dans leur communiqué.

Vigilance sur les taux entre pays
A méthodes d’estimation différentes, résultats non homogénéisés. C’est ce que nous montre les différents taux communiqués par différents pays. En effet, début juin, la France enregistre un taux de morbidité apparent de 19%, il est de 16% en Belgique. Mais, contrairement aux statistiques françaises, les belges comptabilisent les cas déclarés et suspectés, ainsi que tous les décès, quelque soit l’environnement, dont l’infection fut confirmée ou pas par RT-PCR.

Pour pousser la fraction à son paroxysme, il suffit de regarder les taux des pays d’Afrique, d’Amérique du Sud, et de Chine, où « le compte des décès est souvent sous-estimé, du fait de déclarations non systématiques ou retardées, de l’absence de tests et d’une mortalité élevée imputable à d’autres maladies infectieuses. »
L’appel à la prudence émis par l’Académie trouve justification : les comparaisons internationales doivent tenir compte des méthodes utilisées par les épidémiologistes. L’institution recommande une généralisation de la certification électronique des causes médicales de décès, et la prise en compte des indicateurs de morbidité et de mortalité collatérales du Covid-19. Nous regrettons déjà en France les patients oubliés et le retard de prise en charge, notamment pour les urgences médico-chirurgicales.