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Nous avons participé à une formation sur les violences conjugales

Le 17 avril, une dizaine de pharmaciens s’est virtuellement réunie pour assister à une formation de sensibilisation sur les violences conjugales. Nous y avons assisté.

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Dans le huis clos du foyer, les violences conjugales ont augmenté de plus de 30 % depuis le début du confinement. Des abus psychologiques, physiques et sexuels qui concernent au moins une femme sur cinq. En Europe, 38 % des féminicides sont liés à des violences domestiques. Autant de femmes qui passent quotidiennement la porte de votre pharmacie.

Pour sensibiliser les pharmaciens à cette problématique, le Comité pour la valorisation de l’acte officinal (CVAO), sous l’égide de Jean-Michel Mrozovski, a proposé le 17 avril une formation en ligne. Par visioconférence, une dizaine de pharmaciens, principalement des femmes, y a assisté.

« Les violences s’enracinent dans le quotidien, la réalité du couple, et s’installent peu à peu à dose filée, pour s’aggraver ensuite », raconte Jean-Michel Mrozovski. La priorité est donc d’éviter que ces violences s’instaurent, tout comme l’isolement dont pâtit l’intégralité des victimes.

Un isolement social fort

Certains contextes sont plus propices à l’exacerbation des violences. « C’est le cas de la grossesse, d’un contexte de séparation conflictuelle, d’un stress économique, précise Jean-Michel Mrozovski qui ajoute : Ces femmes sont souvent dans une dépendance sociale, économique et administrative. On voit aussi beaucoup de couples avec une forte différence d’âge ou des femmes qui ont suivi leur mari dans une autre ville, où elles se retrouvent isolée socialement. »

À l’officine, comment les repérer ? « Le comportement du conjoint violent est souvent méprisant envers sa femme, il va répondre à sa place, être trop impliqué dans sa pathologie par exemple », précise le président du CVAO. À cela s’ajoutent parfois de vagues plaintes de la femme, des douleurs pelviennes ou lombaires inexpliquées, ou un manque d’observance.

N’agissez pas sans savoir

Les pharmaciens ont deux obligations fondamentales : porter secours et respecter la confidentialité. En cas de danger immédiat, si une femme vient se réfugier dans votre officine, il faut évidemment appeler le 17. Mais pour le reste ? « C’est très compliqué en tant que pharmacien, car il faut absolument que la victime soit prise en charge par une personne formée et expérimentée, ce qui n’est pas votre cas », fait remarquer Jean-Michel Mrozovski.

Première chose à faire au comptoir donc, ne pas être proactif, mais attendre la demande d’aide de la victime. Une démarche qu’approuve Karine, pharmacienne et membre d’une association de victimes de violences : « On ne peut pas obliger une femme à en parler, on peut évoquer légèrement le sujet du bout des lèvres, mais il faut laisser faire la personne. En tant que pharmacien, il faut savoir vite passer la main, aux médecins ou aux associations. »

Ainsi, le rôle du pharmacien se cantonnera à l’orienter efficacement et professionnellement vers une structure adéquate : une association, un médecin ou les administrations locales (voir encadré). « Il est essentiel de ne pas prendre parti, et de ne pas donner d’information évidente devant le partenaire. Car l’objectif est aussi de ne pas créer de surrisque », met en garde Jean-Michel Mrozovski.

Être discret, efficace et connaître ses limites d’action : c’est le message que nous avons retenu de cette formation. Sensibilisez via des affiches dans votre officine, informez en laissant à disposition des flyers, avec des propos neutres. « Vous pouvez par exemple donner une feuille blanche avec des numéros d’urgence, mais ne pas écrire “violence” en gros, pour ne pas attirer l’attention. » Une simple phrase, « contactez les structures de soutien, elles seront efficaces », sera bien plus utile que de grands discours. •


Contacts utiles à communiquer aux victimes

  • Le 3919 : Violences femmes info ou le 114 pour les femmes malentendantes
  • La Fédération nationale solidarité femmes, 70 associations partout en France
  • Le Centre départemental d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF)
  • Le 0800 05 95 95 : Viol femmes informations
  • Les assistantes sociales de votre mairie ou la délégation départementale aux droits des femmes

Par Léa Galanopoulo

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