Vaccin antigrippal : la saison est lancée !

« Le risque de la grippe est malheureusement trop souvent minimisé » a martelé Agnès Buzyn, lors du lancement de la campagne de vaccination contre la grippe le 4 octobre. Spot TV, affiche, campagne presse et formation des professionnels de santé vont venir, dès le 6 octobre, appuyer la campagne d’information pour favoriser la vaccination. L’année dernière, le vaccin a permis de sauver 2000 vies, mais seule la moitié des personnes invitées à se faire vacciner l’a fait, « nous sommes donc loin des 75% recommandés par l’OMS » s’inquiète la ministre. Femmes enceintes, personnes souffrant de maladies chroniques, plus de 65 ans… « Si toutes ces personnes se font vacciner contre la grippe, nous pourrions sauver 3000 vies supplémentaires » ajoute Mme Buzyn. Seulement la moitié des plus de 65 ans sont vaccinés, alors qu’ils sont les premiers touchés par les complications grippales. L’année dernière, la grippe a envoyé 40 000 Français aux Urgences. Et 92% des personnes admises en réanimation possédaient l’un des facteurs de risques. Au total, 14 000 personnes sont décédées.

La baisse de la couverture vaccinale peut en partie s’expliquer par la défiance croissance envers les vaccins. « Cette méfiance fait de la vaccination une sorte de tabou, sans que cela ne repose scientifiquement sur des faits » insiste le Pr Olivier Lyon-Caen, médecin-conseil national de la Cnam. Le vaccin, réputé peu efficace est élaboré chaque année au printemps, à partir de souche circulant dans l’hémisphère sud. Le cru 2016 ne présentait que 26% d’efficacité.

Autre atout pour le virus : les professionnels de santé boudent la vaccination. Seul un quart d’entre eux sont vaccinés. La ministre de la Santé a réitéré « toute (sa) confiance » envers eux, mais n’exclut pas des mesures « incitatives ou coercitives » si cette couverture n’augmente pas. Si les pharmaciens ne sont plus obligés de se vacciner contre la grippe, certains participent dès le 6 octobre à l’expérimentation de la vaccination en officine. Une manière de « combattre les inégalités territoriales en matière de santé » indique Agnès Buzyn.

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