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La cour de comptes s’attaque aux pharmaciens

Dans son rapport annuel sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale, la cour de comptes a choisi sa cible : le pharmacien d’officine.

Pharmacies en « surnombre », régime « très protecteur », rémunération « stable en valeur absolue depuis 2007 » … La cour des comptes semble considérer les pharmaciens d’officines comme des privilégiés. « Nous méritons des félicitations plutôt que des critiques » a répondu Gilles Bonnefond, président de l’USPO contacté par téléphone suite à la réception de ce communiqué. Dans un communiqué, la FSPF assure que c’est l’accès aux soins qui est ainsi menacé : « La Cour des comptes préconise la fermeture de près d’une pharmacie sur deux en France. Elle considère qu’il faudra supprimer 10 400 officines  sur les 21 400 pharmacies existantes ».

Le rapport mentionne une rémunération de 5,4 milliards d’euros en 2015 à laquelle s’ajoutent 2 milliards d’euros de rémunérations complémentaires versées par les fabricants de médicaments « via des avantages commerciaux » et par les grossistes-répartiteurs, en particulier pour les génériques. « C’est sévère et injuste. Nous avons contribué seuls aux économies avec les médicaments génériques » réplique le président de l’USPO qui invite les sages à jeter un œil aux rémunérations de 2016 et 2017 : « ils seraient surpris !» garantit Gilles Bonnefond. Dans ce même texte, la Cour préconise « de déconnecter la rémunération des officines du nombre de boîtes vendues et de réviser celle des grossistes-répartiteurs », apostrophant au passage le président de l’USPO, seul signataire de l’avenant 11 de la nouvelle convention pharmaceutique qui accorde au secteur officinal « un bonus de 280 millions d’euros sur trois ans qui conduit à un écart « considérable » entre la rémunération réglementée et la « rémunération réelle » des pharmaciens ». Sur ce point, Gilles Bonnefond est ferme : « On ne peut pas réformer sans investir ». Elle suggère aussi de revoir les règles d’implantation ou de favoriser la vente de médicaments en ligne… Une idée évidemment choquante pour les syndicats qui accusent la Cour de s’acharner sur la profession en omettant la qualité du service au profit des comptes. Enfin, la Cour des comptes émet plusieurs recommandations à l’intention du secteur officinal, et notamment la mise en place d’une « rémunération à l’acte ». « C’est ce que nous faisons » signale le président de l’USPO.

« La tonalité de ce rapport signe que l’USPO doit se féliciter d’avoir signé la convention ! Ceux qui estimaient que des mois supplémentaires auraient permis de voire l’enveloppe augmenter ont donc eu tort » a-t-il lancé en direction de la FSPF, non signataire de l’avenant. De son côté, la FSPF assure que « la mise en application de ce programme de destruction massive des officines remettrait en cause le modèle de la pharmacie française, et signerait l’arrêt de mort des pharmaciens de proximité dont les Français apprécient la compétence et la disponibilité ».

 

 

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