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Cédric O’Neill : « 1001 Pharmacies est le prolongement naturel de l’officine sur Internet »

Alors que le débat sur la vente de médicaments en ligne fait rage, 1001Pharmacies première plate-forme communautaire de vente de parapharmacie sur Internet, a vu le jour en novembre. Cédric O’Neill, pharmacien et cofondateur, nous la présente.

Chiffres clés

  • 25 pharmacies répertoriées
  • 50 000 visiteurs par mois
  • 150 commandes depuis le lancement, en novembre 2012
  • 6 000 produits référencés

Comment est né le concept de 1001Pharmacies ?

J’ai eu l’occasion de travailler au sein de plusieurs officines. Comme j’ai quelques compétences en informatique, les titulaires me demandaient de leur « bidouiller » un site de vente en ligne. À chaque fois, je leur expliquais que la gestion technique du site prenait du temps, qu’il était nécessaire d’embaucher une personne pour s’occuper du référencement, de la conception des fiches produits… Car, contrairement aux idées reçues, la création d’un site nécessite du temps et de l’argent. L’idée d’un outil mutualisé en ligne a alors commencé à faire son chemin. Hasard du destin, en 2010, j’ai croisé ma future collaboratrice Sabine Safi, spécialisée dans le webmarketing – elle est diplômée de Sup de Co Toulouse. L’association de nos profils a permis la création, en octobre 2011, de la société eNova Santé, une start-up hébergée par la pépinière d’entreprises innovantes Via Innova entre Montpellier et Nîmes. 1001Pharmacies.com, premier site français de vente en ligne de parapharmacie, est né près d’un an plus tard. On peut dire que cette plate-forme est issue de la rencontre de deux univers : la pharmacie traditionnelle et le e-marketing.

Quels sont les services que vous proposez aux pharmaciens ?

Le site permet en premier lieu aux pharmaciens de référencer à la vente leurs produits de parapharmacie et bientôt les médicaments non soumis à ordonnance. Nous mettons à leur disposition les supports techniques, la réalisation des fiches produits, le référencement du site Internet… L’autre valeur ajoutée de 1001Pharmacies est de créer du lien entre le pharmacien et le consommateur. On se charge ainsi de recruter les consommateurs qui achèteront ensuite les produits des officines répertoriées. Une de nos ambitions est de poursuivre sur le Web la relation de proximité qui existe entre le pharmacien et ses clients au comptoir. C’est pourquoi l’internaute peut choisir la livraison à domicile de ses produits ou leur retrait en pharmacie. On peut ainsi véritablement parler d’un outil clés en main pour le pharmacien et le consommateur.

Le lancement de sites de vente en ligne par des pharmaciens a récemment suscité de nombreuses et parfois vives polémiques au sein de la profession. Ne craignez-vous pas que votre initiative attise de nouvelles critiques ?

Nous respectons le code déontologique de la profession. Notre but n’est pas de mettre de l’huile sur le feu. Je suis pharmacien et je sais que le conseil et l’accueil au comptoir sont indispensables. Il n’en demeure pas moins que le contexte économique particulièrement instable de la pharmacie d’officine nous invite à nous démarquer, à trouver de nouvelles voies de croissance. Des pharmacies ferment chaque jour et, en même temps, de nouvelles missions sont proposées aux officinaux. La vente de médicaments sur Internet ne doit pas être l’activité principale du pharmacien, mais s’inscrire en complément du comptoir. Notre message n’est pas de dire : la pharmacie traditionnelle n’a plus d’avenir, tournez-vous vers le Web. Nous préférons le message suivant : pour exister, diversifiez votre activité ! Il ne faut pas que le comptoir et Internet soient deux marchés différents. Internet n’a d’ailleurs pas vocation à se substituer à la pharmacie physique. Nous demandons simplement à ce que le pharmacien, pilier du système de soins français, soit mieux représenté sur Internet. Cela passe par la création d’un portail officiel et la labellisation des sites légaux de vente en ligne adossés à des officines physiques, qui respecteront des critères de qualité strictes en adéquation avec la déontologie de la profession.

Vous évoquez la déontologie. Avez-vous eu des contacts avec l’Ordre avant de lancer votre site ?

Un an avant, nous avons rencontré des conseillers ordinaux pour leur présenter notre projet et statuer de son cadre légal. Il en est ressorti que l’Ordre n’interdit ni n’autorise un site de vente. Dans la mesure où le nôtre respecte la déontologie du pharmacien, qu’il propose du conseil associé au client et que derrière chaque vente se trouve un pharmacien d’officine, notre activité est légale. Nous sommes également très vigilants quant à la sécurité des produits lors de leur envoi par courrier. Encore une fois, nous proposons aux pharmaciens une solution clés en main en toute légalité et aux consommateurs un cadre d’achat complètement sécurisé.

Vous disposez pour l’heure d’une offre de parapharmacie. Comptez-vous, à l’instar d’autres pharmaciens, vous lancer dans la vente de médicaments délivrés sur ordonnance ?

En effet, nous attendions une prise de position sur la vente de médicaments en ligne ; c’est maintenant chose faite avec l’ouverture de ce marché sur Internet, mais uniquement réservé aux pharmaciens. Le statu quo actuel était dangereux. En 2010, près d’un milliard de médicaments ont été achetés par les Français sur Internet. En l’absence d’un cadre légal, les consommateurs français acquéraient leurs produits de santé en ligne sur des sites hébergés à l’étranger avec des circuits de distribution douteux. Et après on s’étonnait que la vente de médicaments contrefaits soit en constance augmentation. Les pharmacies françaises ont maintenant la responsabilité de ce marché, et 1001Pharmacies leur offre les moyens de se battre à armes égales contre les « pure players » Internet ou les sites étrangers qui sévissent dans l’Hexagone. 1001pharmacies.com permettra sous peu à toutes les pharmacies de France de vendre sur Internet des médicaments non soumis à ordonnance.

Que répondez-vous à l’Ordre qui déclare que « la délivrance par Internet complexifie les contrôles à réaliser et rend plus difficile la vérification du respect des règles professionnelles » ?

En 2003, la décision de la Cour de justice européenne à l’issue de l’affaire DocMorris, qui donna lieu à l’arrêt DocMorris, constituant ainsi la première prise de position européenne, est sans équivoque. La Cour s’est montrée favorable au commerce électronique lorsque le médicament autorisé est vendu sans ordonnance et ne présente pas de risques particuliers pour la santé. De plus, la Cour s’est rendue compte que le conseil véhiculé au patient était supérieur sur Internet qu’au comptoir. Pourquoi ? Car la vigilance est accrue sur le Web. L’internaute peut garder une trace de sa commande, ce qui n’est pas forcément le cas en pharmacie. À partir du moment où l’échange est virtuel, l’Ordre a l’impression qu’il n’y a plus aucun contrôle, que tout est permis. Avec 1001Pharmacies, nous entendons leur prouver qu’ils ont tort.

Quels sont les autres services que l’internaute peut trouver sur votre site ?

1001Pharmacies propose aussi des rubriques (santé, minceur, solaire…) qui répertorient des produits de cosmétiques, des compléments alimentaires, des produits de parapharmacie en ligne, des crèmes et des sérums. Et pour ceux qui attendent les conseils du pharmacien lors d’un tel achat, 1001Pharmacies est également un blog qui référence des articles santé et beauté. Petite originalité : ce blog est alimenté par les articles d’internautes passionnés de beauté et de cosmétique. Actus, billets d’humeur, retours sur des produits testés… le blog fonctionne comme un réseau social dédié à la santé.

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Propos recueillis par Olivier Valcke

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