« Taxe groupements », baisses de prix, stock de vaccins chez les biologistes : que prévoit le Budget de la Sécu 2027 ?

« Notre modèle social nous protège, nous devons protéger notre modèle social », a lancé Stéphanie Rist, ministre de la Santé, à l’occasion de la présentation du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, ce jeudi matin.

Sans surprise, le gouvernement a détaillé un texte de réduction des dépenses. « Il est indispensable de revenir à l’équilibre en 2027 », a fait savoir le ministre de l’Économie, Roland Lescure, rappelant que « ces cinq dernières années, les dépenses de santé ont augmenté de 35 milliards d’euros » du fait du vieillissement de la population.

Médicament : des baisses de prix stables 

Le texte du gouvernement entend ainsi faire passer le déficit de la branche maladie de 12,5 milliards d’euros en 2026 à 7,8 milliards d’euros en 2027, avec un ONDAM de 1 % pour les soins de ville, contre 3 % pour les établissements de santé.

« Ce texte va freiner des dépenses, mais il y a des dépenses que l’on va poursuivre », tient à rapporter Stéphanie Rist. Alors que les dépenses naturelles de l’Assurance maladie devaient augmenter de 10 milliards en 2027, « ce budget les augmentera de 6 milliards, soit un effort de 4 milliards d’euros », indique la ministre de la Santé.

Et pour freiner les dépenses de santé, le premier poste d’économie restera, cette année encore, le médicament.

1,3 milliard d’euros de baisses de prix sur les médicaments sont prévus, soit 100 millions d’euros de moins qu’en 2026, « afin de soutenir l’arrivée de nouveaux médicaments particulièrement efficaces », précise le gouvernement.

Aussi, une contribution supplémentaire, en lieu et place de la clause de sauvegarde, sera demandée sur les dispositifs médicaux déployés en officine, de l’ordre de 150 millions d’euros.

Une nouvelle « taxe groupement » 

Dans le viseur du rapport IGAS/IGF depuis janvier, les groupements de pharmacies devraient être mis à contribution. Une taxe de 100 millions d’euros est prévue dans le Budget de la Sécu. « Cette taxe cible uniquement les groupements de pharmacies », précise le gouvernement, qui souhaite d’ailleurs assurer « davantage de transparence et de contrôle déontologique quant (à leurs liens) avec les officines ».

Des stocks de vaccins chez les biologistes

Afin d’améliorer la couverture vaccinale en France, « l’un des investissements les plus efficaces en santé publique », le gouvernement prévoit d’autoriser les laboratoires de biologie médicale à stocker des vaccins. Une mesure qui devrait aussi concerner les services de santé au travail, pour simplifier le parcours des patients.

Les négos sont chiffrées

L’ONDAM pour 2027 consacrera 50 milliards d’euros à la rémunération des professionnels de santé – honoraires et forfaits -, notamment dans le cadre des négociations conventionnelles à venir avec les pharmaciens, les kinés ou encore les sages-femmes, peut-on lire.

« L’engagement des pharmaciens dans les différentes missions de santé publique qu’ils exercent (entretien pharmaceutique et d’accompagnement, actions de dépistages, vaccination) sera en outre renforcé et consolidé », souligne le gouvernement

Un nouveau statut juridique pour les antibiotiques

L’éxécutif entend par ailleurs engager « une réforme structurelle en faveur de la préservation de l’efficacité des antibiotiques ». Un statut juridique « innovant » devrait être créé, « permettant de mieux sécuriser la disponibilité des antibiotiques, tout en décorrélant leur rémunération des volumes vendus ».

1,5 milliard dès cet été

« C’est un texte fait avec lucidité », a fait savoir Stéphanie Rist, qui précise que le gouvernement « n’a pas attendu ce texte pour prendre des mesures sur le budget de la Sécurité sociale. Dès cet été, 1,5 milliard d’euros de diminution des dépenses a été acté, avec le transfert vers les complémentaires de la prise en charge des médicaments les plus moins efficaces par exemple ». Aussi, dès ce jeudi 1er octobre, le plafond des franchises passe de 100 à 140 euros.

Le PLFSS 2027 sera débattu entre octobre et décembre au Parlement.