Douleurs dentaires, visite à domicile, vaccination du voyageur : l’ordonnance de l’Ordre pour la présidentielle

À 6 mois de l’élection présidentielle, l’Ordre des pharmaciens a livré ce 27 octobre son ordonnance pour le futur chef de l’État. Un recueil de 33 propositions pour faire du pharmacien « un pivot de l’écosystème de santé du patient », précise le Cnop qui appelle « les candidates et candidats à mobiliser pleinement l’expertise de tous les pharmaciens ».

« Permettre au pharmacien d’initier un traitement de premier recours »

Premier axe poussé par l’Ordre : « garantir l’accès au soin et aux produits de santé ». Alors que 73 % des Français ont déjà renoncé à un soin au cours des 5 dernières années, l’Ordre veut renforcer la prise en charge par le pharmacien des maux du quotidien, dans la juste lignée d’Osys.

« Dans certains cas de figure, notamment dans les zones sous-denses en médecins, le pharmacien d’officine pourrait prendre en charge certaines situations cliniques bénignes telles que les douleurs dentaires, douleurs migraineuses ou herpès », et délivrer des médicaments sous prescription médicale obligatoire, propose le Cnop. Le tout, toujours, dans le cadre d’un protocole.

Aussi, l’Ordre veut aller un cran plus loin en imaginant « permettre au pharmacien d’initier un traitement de premier recours dans l’attente d’un rendez-vous médical ». Une proposition que portait également l’USPO dans le cadre de la prise de tension en officine puis de la délivrance d’un antihypertenseur le temps d’obtenir un rendez-vous chez le médecin.

Enfin, alors que 96 % des pays européens sont soumis à des ruptures de médicaments, le Conseil de l’Ordre souhaite permettre au pharmacien de remplacer directement un médicament en rupture – ou à risque de rupture – par un équivalent thérapeutique.

Prévention et vieillissement

Second grand axe, l’Ordre souhaite renforcer l’accompagnement pharmaceutique des personnes âgées, dans un contexte de vieillissement de la population et de polymédication.

Il invite ainsi les candidats à la présidentielle à créer une « visite pharmaceutique à domicile », pour favoriser le maintien à domicile. « Les pharmaciens, par leur expertise du médicament, peuvent prévenir les erreurs de prise, adapter les traitements et contribuer à une meilleure observance, au plus près du patient », affirme ainsi le Cnop.

Dans la même veine, l’officine pourrait réévaluer la prescription de certains traitements chez les personnes âgées, et les arrêter s’ils ne sont plus appropriés, comme dans le cas des benzodiazépines par exemple.

Enfin, côté prévention – « une priorité du parcours de soin », pour l’Ordre des pharmaciens – il entend permettre enfin la vaccination du voyageur en officine, mais aussi la dispensation de traitement de prévention du paludisme.