« Au final c’est le pharmacien qui va payer la facture » : les groupements s’insurgent contre la taxe prévue dans le PLFSS

« Taxer les groupements c’est taxer la pharmacie d’officine ! », s’insurgent Federgy et l’UDGPO ce mercredi, alors que la première mouture du PLFSS pour 2027 prévoit de mettre à contribution les groupements pour un montant de 120 millions d’euros. Ainsi, une taxe, à hauteur de 15 %, pourrait être instaurée, calculée sur une assiette intégrant les sommes perçues par les groupements auprès des laboratoires en contrepartie des services et des prestations (conditions commerciales, animations, promotions, collectes de données, référencement…).

De quoi mettre en rogne les deux syndicats des groupements de pharmacies. Dans un communiqué commun, Federgy et l’UDGPO contestent une taxe qui sera « totalement répercutée sur les officines, car 95 % des pharmacies font partie d’un groupement et selon l’étude d’impact du gouvernement qui annonce 120 millions, c’est 6000€ de répercussion de taxes par officine et par an ! ».

« Au final c’est le pharmacien d’officine qui va payer la facture », taclent les deux syndicats, qui veulent le retrait pur et dur de la mesure.

« La ponction sera malheureusement répercutée sur les officines »

Pour Federgy et l’UDGPO, nul doute que « la ponction sera malheureusement répercutée sur les officines », via des hausses de cotisation, une réduction des services ou encore la facturation de prestations supplémentaires.

« Les plus petites officines, souvent en zone rurale ou fragile, seraient les premières fragilisées, car elles dépendent le plus de ces services mutualisés et ne peuvent pas les assumer seules », anticipent-ils.

Mitigés sur la transparence

À l’instar du rapport IGAS/IGF, le gouvernement souligne dans son projet de loi « qu’aucune mission de service public n’est attribuée » aux groupements. Une affirmation que contestent là encore les deux syndicats, qui indiquent que les prestations des groupements « servent directement la santé publique », citant par exemple la formation des équipes, les campagnes de prévention ou encore l’aide à la substitution des génériques.

Quant à la demande de transparence envers leurs pharmacies adhérentes – le PLFSS prévoit que les groupements transmettent à leurs officines un rapport annuel d’activité – les deux syndicats sont mitigés. « Contrôler la réalité des prestations, prévenir les conflits d’intérêts et rendre les contrats lisibles sont des objectifs légitimes », font-ils savoir, mais « ne justifient pas de bafouer toutes les règles de concurrence et de protection des données ».

Et de conclure : « On ne peut pas demander aux officines d’assurer toujours plus de missions de prévention, de vaccination et de dépistage, tout en taxant les outils qui leur permettent de les remplir ».