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Antalgiques, antibiotiques ou laxatifs : quels sont les médicaments les plus rapportés à l’officine ?

Pour la première fois, l’Assurance maladie et l’ANSM ont dressé un état des lieux détaillé des médicaments non utilisés rapportés en pharmacie. Une cartographie basée sur l’enquête Perimed, qui a pour objectif d’identifier les classes thérapeutiques les plus concernées et les facteurs qui conduisent au non-usage des médicaments. Dans le détail, 32 840 unités collectées entre avril et juillet 2025 ont été analysées, soit 85 kg et 1125 spécialités pharmaceutiques différentes.

Résultat : si toutes les classes de médicaments sont représentées, dans 80 % des cas ils appartiennent aux : médicaments du système respiratoire (25 %), ceux du système digestif et du métabolisme (21 %), ceux du système nerveux (21 %) et ceux du système cardiovasculaire (13 %).

Sans surprise, les médicaments les plus fréquemment retrouvés au Cyclamed sont les antalgiques (paracétamol, tramadol), les laxatifs (macrogol, lactulose) et les antibiotiques (amoxicilline, amoxicilline/acide clavulanique).

517 millions d’euros de MNU estimés

En 2024, pas moins de 7 675 tonnes de MNU ont été rapportées dans les officines françaises. Un chiffre important, mais en baisse de 30 % depuis 2022. Selon l’enquête Perimed, dans 70% des cas, les MNU sont des médicaments à prescription médicale obligatoire.

Autre enseignement de l’étude : 40 % des médicaments rapportés par les patients ne sont pas encore arrivés à péremption. Une bonne nouvelle, car ce chiffre « illustre le suivi des recommandations de l’ANSM visant à rapporter les médicaments en cours de validité à la fin d’un traitement plutôt que de les stocker sur le long terme ». Toutefois, cela « souligne également la marge de progression possible, sur les conditionnements notamment, afin de réduire la destruction de produits encore utilisables », précisent l’Assurance maladie et l’ANSM.

Car ces destructions sont un véritable manque à gagner pour la Cnam. L’étude projette ainsi à 517 millions d’euros le montant annuel pris en charge par l’Assurance maladie pour des médicaments finalement non utilisés. Dont 278 millions d’euros estimés pour des médicaments non périmés.

Revoir la date de péremption ?

Les facteurs qui poussent à ne pas utiliser les médicaments sont connus et confirmés par l’étude : l’arrêt prématuré du traitement à cause de ses effets indésirables ou parce que le patient se sent mieux (dans les cas des antibiotiques par exemple), mais aussi des médicaments délivrés ou prescrits « si besoin » (antalgiques, laxatifs) ou des conditionnements inadaptés.

L’Assurance maladie et l’ANSM pointent également du doigt la question de la durée de conservation « parfois courtes pour certains médicaments (antidouleurs, antidiarrhéiques, antihistaminiques) qui conduisent à des destructions avant utilisation ». Les exemples les plus courants ? « Le paracétamol, l’ibuprofène ou encore des antidiarrhéiques (le lopéramide et le racécadotril) qui font partie des médicaments qui sont le plus souvent collectés déjà périmés », soulignent-elles.

Les deux instances évoquent ainsi la possibilité, pour limiter le gaspillage, d’allonger ces dates de péremption, « lorsque le maintien de la qualité du médicament a été démontré ». Dans cette optique, l’ANSM a lancé en novembre 2025 une expérimentation pour cinq ans visant à inciter les laboratoires à prolonger la durée de conservation de certains médicaments.

L’Assurance maladie et l’ANSM recommandent par ailleurs d’aller vers des conditionnements plus adaptés, un serpent de mer, mais aussi d’ouvrir une fois de plus la réflexion autour de la dispensation à l’unité, notamment dans le cas de certains antibiotiques.

Enfin, une expérimentation devrait être lancée « permettant une redispensation à l’hôpital de certains médicaments anticancéreux non utilisés, à partir de septembre 2026 ».