Si la photoprotection est un réflexe acquis, l’observance repose désormais sur l’expérience sensorielle. Pour le pharmacien, l’enjeu est d’ajuster la galénique au mode de vie et au type de peau. Innovations nomades ou eaux solaires ? Décryptage des nouvelles textures pour optimiser votre conseil et garantir une protection sur mesure.
Stick solaire : la déferlante !
Véritable phénomène en officine, le stick La Rosée s’est imposé avec une vente toutes les 26 secondes (Gers 2025). Depuis quelques années, ce format nomade fait de l’ombre à la crème classique. Rapide et pratique d’application, il est l’indispensable des sportifs et des conditions extrêmes (natation, surf, ski). Riche en cires, sa galénique garantit une adhérence maximale à la peau et résiste à l’eau comme à la sueur, sans jamais couler dans les yeux.
Certains acteurs, comme les Laboratoires de Biarritz utilisent des pigments pour visualiser la rémanence du produit. Compact, leur produit se glisse facilement dans un sac à dos pour une randonnée, un sac de plage ou une poche, sans risque de fuite. Il permet une application rapide de la bonne dose sur les zones fragiles ou très exposées (lèvres, pommettes, nez ou cicatrices).
Eaux et brumes solaires, la photoprotection tendance !
Quid de l’eau solaire ? Habitués aux textures crèmes ou laits, les consommateurs sont séduits et intrigués par la nouveauté aqueuse. Bioderma, SVR et Caudalie ont créé leurs brumes ou leurs eaux solaires. Il s’agit de formules biphasées à agiter pour reconstituer l’émulsion avant application.
Généralement pensées pour la protection du corps, adaptées parfois aux cheveux et au visage, elles sont appréciées pour leur fini léger, frais, soyeux ou toucher sec. Cependant, le client ne doit pas s’y tromper : la formule reste majoritairement composée de filtres solaires souvent solubilisés dans des huiles, donc riches en corps gras. Si ces formules conviennent aux peaux normales à sèches, elles s’adaptent peu ou pas aux peaux mixtes, grasses ou acnéiques.
Et notre bonne vieille crème solaire ?
Actuellement, cette galénique est la réponse la plus pertinente pour personnaliser sa photoprotection à ses besoins cutanés. Forme la plus développée du marché, la crème solaire s’adapte à tous les problèmes de peau. Ainsi, elle reste compétitive face aux eaux et sticks qui séduisent par leur nouveauté, leur texture fine ou leur tenue extrême, mais dont la galénique reste intrinsèquement grasse et occlusive. Ces formules sont déconseillées aux peaux souffrant d’hyperséborrhée ou d’acné qui doivent pourtant impérativement se protéger du soleil pour éviter l’effet rebond. C’est la raison pour laquelle une crème anti-UV revendiquée pour peaux mixtes à grasses est idéale.
Composée d’écrans minéraux (oxyde de titane, de zinc), elle absorbera naturellement le sébum. Parfois, sous forme de nanoparticules, ces substances offrent des textures légères au fini invisible. D’autres intégreront des filtres organiques aux côtés d’actifs matifiants, séborégulateurs et anti-inflammatoires (BHA, niacinamide, acide glycyrrhétinique, etc.), comme la crème Sebiaclear SPF50+ de SVR. •

