Entre innovations anticoliques sophistiquées et exigence sur les matériaux, le choix d’un biberon ne s’est jamais autant appuyé sur la technicité. Le point sur les dernières avancées pour accompagner les parents.
77 %
C’est le taux de mères qui débutent un allaitement maternel à la maternité en France.
Source : Enquête Épifane 2021
Faciliter le passage sein-biberon
Depuis plusieurs années, la facilitation de la transition entre le sein et le biberon est au centre de l’attention des fabricants de biberons, qui s’évertuent à proposer des tétines les plus proches possibles du sein maternel. Plus longues, asymétriques et élastiques, ces tétines dites « biomimétiques » visent à reproduire la succion naturelle du nourrisson. Elles ne libèrent le lait que lorsque le bébé tète activement, avec un débit dépendant de l’effort, ce qui lui permet de boire, déglutir et respirer à son rythme. Ce type de tétine trouve son intérêt en cas d’allaitement mixte ou de sevrage, afin de limiter la confusion avec le sein. Plusieurs marques ont commercialisé des innovations de ce type ces dernières années, en particulier Philips Avent et Medela, avec leurs gammes Natural Response et Calma.
Limiter les symptômes digestifs
Cœur historique de l’innovation des biberons, les dispositifs anticoliques continuent de se perfectionner. Avec toujours le même objectif : limiter l’ingestion d’air par le nourrisson au moment de la succion. La plupart des fabricants, à l’instar de Nuk, Dodie ou Philips Avent intègrent des valves moulées dans la base de la tétine pour favoriser la circulation de l’air. Le fabricant néerlandais propose même une solution additionnelle avec son système Air Free : un insert en plastique, vendu en kit avec le biberon ou séparément, qui se place dans le goulot. Cette valve supplémentaire permet de rediriger l’air vers le fond du biberon. Résultat : la tétine est toujours remplie de lait, y compris en position inclinée ou à l’horizontale. Chez Mam, les biberons Easy-Start anticoliques comportent une base aérée qui permet une circulation d’air séparée du lait. Enfin, le laboratoire Suavinex présente l’approche la plus radicalement différente. Son biberon anticolique Zero.Zero comporte une poche interne en silicone qui se rétracte pendant la tétée, limitant le passage de l’air.
Le retour du verre
Matériau le plus économique et le plus répandu, le polypropylène a vu sa cote fortement décroître ces dernières années. En 2020, une étude irlandaise parue dans la revue Nature Food révèle que les biberons qui en contiennent rejettent des millions de microparticules plastiques à la chauffe. Si l’impact sur la santé des bébés n’est pas encore connu, l’étude a tout de même jeté un sacré pavé dans la mare. Longtemps marginalisé pour sa fragilité et sa lourdeur, le verre a ainsi regagné en popularité. Les principaux fabricants, Mam (Feel Good), Philips Avent (Natural Response), Dodie (Sensation+) ou Nuk (First choice+ et Perfect Match) intègrent des versions en verre borosilicate dans leurs gammes. De nouveaux matériaux plus résistants à la chaleur émergent également, comme le silicone, choix de Suavinex pour sa gamme Colour essence, le copolyester ou le polyphénylsulfone. Enfin, s’ils ont dû bannir le bisphénol A de la composition de leurs biberons depuis 2010 en France, plusieurs fabricants comme Mam et Lansinoh, retirent également le bisphénol S, reconnu comme un perturbateur endocrinien, de leurs compositions. ■


