Anzupgo, nouveau traitement de l’eczéma chronique des mains

Disponible depuis le mois de juin en accès direct, Anzupgo, nouveau traitement topique de l’eczéma chronique des mains, fait son arrivée en officine

 

EN BREF

• Liste 1

• Prescription réservée aux spécialistes en dermatologie ou en allergologie

• Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement

• Remboursé à 65 % par la Sécurité sociale et agrée aux collectivités

• CIP 3400930303092

• Prix public TTC : 547,82 €

• Laboratoire Leo Pharma

En deuxième ligne

Anzupgo 20 mg/g (delgocitinib) est un médicament topique de deuxième ligne, indiqué pour traiter l’eczéma chronique des mains (ECM) modéré à sévère chez l’adulte après échec, intolérance ou contre-indication aux dermocorticoïdes. Jusqu’à présent, seul l’alitrétinoïne per os — Toctino et son générique Alizem — disposait d’une AMM pour cette situation clinique. Avec pour contraintes d’être réservé uniquement aux formes sévères de la maladie, et de présenter des effets indésirables assez lourds, risques tératogènes et troubles psychiatriques rares (dépression, anxiété, altération de l’humeur) notamment.

Inhibiteur pan-Janus kinase

Le principe actif d’Anzupgo, le delgocitinib, est un inhibiteur pan-Janus kinase (JAK). Il cible l’activité des quatre membres de cette famille d’enzymes, JAK1, JAK2, JAK3 ainsi que la tyrosine kinase 2 (TYK2), réduisant la signalisation de plusieurs cytokines pro-inflammatoires impliquées dans différents sous-types d’ECM.

Disponible en officine

Anzupgo a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne, le 19 septembre 2024. En France, le traitement a d’abord bénéficié d’une prise en charge dérogatoire dans le cadre du dispositif d’accès direct à partir de juin 2025. Son prix public, de 547,82 € TTC, et son remboursement, à 65 %, ont été publiés au Journal officiel du 4 février 2025, actant sa mise à disposition en officine.

Quatre études cliniques

L’approbation d’Anzupgo repose sur les données de 4 études cliniques. Les études de phase III Delta 1 et Delta 2, menées auprès de 960 adultes, ont démontré sa supériorité au placebo, sur l’ensemble des critères d’évaluation — disparition des lésions, amélioration du prurit et de la douleur, scores de qualité de vie — au bout de 16 semaines de traitement. L’étude d’extension Delta 3 s’est penchée sur la tolérance du traitement à plus long terme. Les réactions au site d’application, sensations de picotement ou de brûlure, ont été retenues comme l’effet indésirable le plus fréquent (1 %). Enfin, l’étude Delta Force a démontré la supériorité du delgocitinib topique à l’alitrétinoïne per os, sur l’ensemble des critères de jugement chez 500 patients atteints d’une forme sévère d’ECM.

Surveillance cutanée

Un examen régulier de la peau au site d’application est recommandé chez tous les patients traités par Anzupgo, en particulier chez ceux présentant des facteurs de risque de cancer cutané. « Des cas de cancer cutané non-mélanome, essentiellement des carcinomes basocellulaires, ont été rapportés chez des patients traités par des inhibiteurs de JAK en application topique », indique le RCP.

Deux applications par jour

Anzupgo doit être appliqué en fine couche sur la peau lésée des mains et des poignets deux fois par jour, si possible à intervalles réguliers, jusqu’à la disparition ou quasi-­disparition des lésions. Selon les indications du médecin, une réutilisation est possible en cas de réapparition des symptômes. La crème peut être utilisée jusqu’à un an maximum après ouverture. En l’absence d’amélioration au bout de 12 semaines de traitement continu, l’application doit en revanche être interrompue.