Revue de presse • Juillet 2021

CREDIT PHOTO : JAMES GATHANY / CDC – PHIL

Le sucre, l’anticorps et la dengue 

Le virus de la dengue est transmis à l’espèce humaine par les moustiques. La maladie entraîne généralement des symptômes légers mais elle est aussi responsable d’en moyenne 500 000 cas de formes graves par an, dites hémorragiques. Aujourd’hui, deux milliards et demi de personnes dans le monde sont menacées par cette maladie, endémique dans certaines régions. 

Des chercheurs de l’Institut Pasteur du Cambodge ont identifié un nouvel indicateur permettant de prédire la sévérité de la pathologie.

Leurs travaux menés à partir d’échantillons de plasma de personnes, avant et après une infection par le virus de la dengue, révèlent en effet que l’absence d’un sucre constitutif de la structure des anticorps antidengue, le fucose, est responsable de formes graves qui touchent principalement les gens ayant déjà contracté la dengue dans le passé.

Ces recherches publiées dans Science ont des conséquences pratiques intéressantes avec de potentielles implications diagnostiques. La détection d’anticorps antidengue sans fucose chez les patients au moment de leur hospitalisation pourrait être un indicateur permettant d’identifier les personnes à risque de faire des formes hémorragiques et de leur proposer un suivi plus adapté.



À la recherche de traitements contre l’herpès

L’herpès touche plus de la moitié de la population mondiale, sans forcément causer des symptômes. Chez 30 % des patients, le virus latent réapparaîtra continuellement, avec un risque élevé de transmission. Dans une nouvelle étude publiée dans Science, des chercheurs du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center aux États-Unis ont développé un composé antiviral capable de traiter à la fois les infections récurrentes actives et latentes par le virus de l’herpès dans des modèles animaux. L’équipe a en effet testé chez des rongeurs les inhibiteurs de l’hélicase-primase, une classe différente de médicaments antiviraux, montrant que ces molécules sont capables de tuer le virus de l’herpès dans les cellules infectées, d’accélérer la récupération et d’éviter les récidives.



Lutter contre la DMLA avec le régime méditerranéen 

Un régime alimentaire de type méditerranéen — riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive et poissons gras — permettrait de prévenir le développement de la DMLA, qui constitue la première cause de handicap visuel chez les seniors. Une étude de l’Inserm a en effet montré une association entre la quantité de caroténoïdes circulants — des pigments végétaux protecteurs pour la rétine et que l’on retrouve dans certains aliments — et une réduction du risque de développer une forme avancée de DMLA. Ces travaux permettent d’envisager de nouvelles stratégies préventives pour lutter contre cette maladie invalidante qui touche les plus de 50 ans.  



Écrans pendant les repas et développement du langage chez l’enfant

Les enfants âgés de 3 à 6 ans passent en moyenne près de 2 heures par jour devant les écrans. Des liens entre cette exposition et le développement cognitif, et notamment l’acquisition du langage, ont précédemment été identifiés. Une nouvelle étude publiée dans Scientific Report et menée au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (CRESS) s’intéresse plus en détail au contexte de ces expositions aux écrans. Le moment où l’on regarde la télévision peut-il avoir une influence ? Les scientifiques montrent qu’il existerait une association entre une télévision  allumée en permanence au moment des repas familiaux et un plus faible développement du langage.