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Soin anti-âge : décryptage des étiquettes

Peut-on réellement perdre 10 ans avec une crème antirides ? Non, ce qui explique un décrochage du marché des soins anti-âge, boudés par des consommatrices déçues. Revenez donc aux bases et conseillez des soins efficaces, sans fausses promesses.

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Commençons par les bases : le propre d’un cosmétique est une action en surface. Il n’aura donc jamais pour vocation d’agir au-delà de l’épiderme, car il tombera sous la réglementation du médicament. Fini donc les promesses de réparation de l’ADN ou de comblement total des rides.

Les soins anti-âge se cantonnent à une action en surface. Quels résultats peut-on alors décemment attendre ? Une action hydratante pour commencer, car une peau desséchée marquera davantage les ridules qu’une peau repulpée. Une action mécanique ensuite, grâce à des actifs qui vont flouter la peau, ou lui rendre sa luminosité, en réfléchissant la lumière. Enfin, les soins anti-âge peuvent répondre aux différentes problématiques du vieillissement cutané, en réduisant les taches brunes, les rougeurs ou l’aspect des cicatrices.

Des actifs hydratants

Pour conseiller un soin satisfaisant à votre clientèle, qui se révèle souvent déçue par l’inefficacité des anti-âge, le premier critère à prendre en compte est son potentiel hydratant. Pour cela, le soin devra combiner actifs hygroscopiques, qui retiennent les molécules d’eau dans l’épiderme, et ingrédients occlusifs. Parmi les hygroscopiques stars : la glycérine (glycerine, glycerol), qui préserve l’hydratation de la couche cornée. Elle peut retenir jusqu’à un quart de son volume en eau. La glycérine représente généralement 3 % de la formule finale. Car, au-delà de 6 %, elle devient desséchante.

Autre composant phare des soins antiâge : l’acide hyaluronique (hyaluronate sodium), capable de retenir jusqu’à mille fois son poids en eau. Ces hygroscopiques vont retenir les molécules d’eau dans l’épiderme et donner un aspect moins fripé.

Des ingrédients relipidants

Pour empêcher la déshydratation de l’épiderme, les anti-âge doivent également intégrer des occlusifs, qui forment un film protecteur à la surface de la peau. Il peut s’agir d’huiles végétales riches (bourrache, avocat, tournesol, germe de blé…), d’huiles minérales (paraffine liquide, silicone), voire de cires synthétiques ou d’abeilles.

Les actifs antiradicalaires

Ces antioxydants vont empêcher les radicaux libres de s’accumuler sur la peau. Le plus connu est la vitamine E (tocophérol, acétate de tocophérol). Son action est particulièrement intéressante, car elle combine propriétés antioxydantes, photoprotectrices, hydratantes, tout en améliorant la microcirculation cutanée et en protégeant les constituants cellulaires essentiels. Les huiles de germe de blé, de maïs, de tournesol ou de soja en sont naturellement riches. D’autres antiradicalaires peuvent être présents dans les soins anti-âge, comme l’ubiquinone (ou co-enzyme Q10), les caroténoïdes, le sélénium ou encore le nicotinamide. Les radicaux libres étant responsables d’inflammation de la peau, des actifs anti-inflammatoires comme le panthénol ou l’allantoïne, peuvent également être nécessaires.

Des boosteurs cellulaires

Certaines protéines sont essentielles à la nutrition du derme et à la régénération cellulaire. C’est le cas de l’élastine ou encore du collagène, qui compose 75 % de la peau. À partir de 25 ans, nous perdons chaque année 1 % de collagène, et certains cosmétiques intègrent désormais des actifs capables de stimuler la production de collagène ou d’élastine. Ce sont la plupart du temps des acides aminés ou des peptides.

La vitamine C peut également stimuler la production de collagène, tout en exerçant une exfoliation. Cette action antitache est retrouvée dans des soins anti-âge intégrant des acides de fruits, comme l’acide glycolique. Enfin, le rétinol, dérivé de la vitamine A, combine pour sa part une action exfoliante, tout en stimulant la régénération cellulaire. Attention toutefois, il peut être irritant pour les peaux sensibles !

Un marché qui recule

Plus d’un soin visage sur deux est un anti-âge. Pourtant, depuis plusieurs années, le marché de l’antirides décroche. Il a perdu plus de 4 % de son chiffre d’affaires en 2017 en GMS. Mais seulement 1 % en officine selon IQVIA. Si les volumes des ventes chutent, les anti-âge restent la plus grosse catégorie des rayons beauté en termes de valeurs, quel que soit le réseau de distribution. Gage de sérieux et d’efficacité, l’officine résiste un peu mieux à la crise, tout comme les produits haut de gamme, en pharmacie et en parfumerie.

Un soin anti-âge passé à la loupe de Pharma

Vendue en officine, cette crème anti-âge de jour promet de combler la perte de densité. Sur le papier, elle coche de nombreuses cases : hydratante et occlusive, avec ses agents émollients, anti-oxydante, avec la vitamine E ou encore l’extrait de pois, et anti-inflammatoire. Les peptides et le dérivé de vitamine C sont bien présents, pour stimuler la production de collagène. Enfin, le soin intègre une action esthétique immédiate, avec la silice et le mica synthétique. Néanmoins, alors que le soin promet de convenir aux peaux sensibles, la présence d’alcool, desséchant et sensibilisant, en haut de la liste est à déplorer ! Tout comme celle du phénoxyéthanol et du parfum. •

Par Léa Galanopoulo

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