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Revue de presse : mai 2020

  • Un nouveau candidat dans l’endocardite infectieuse
  • Un acide inefficace pour l’arthrose du genou
  • Une piste thérapeutique pour la dégénération axonale
  • Crise de la goutte et athérosclérose
  • Pathogénicité comparée entre Sars-CoV et Sars-CoV-2
  • Sars-CoV-2 s’invite dans nos reins
  • Des patients Covid-19 hypertendus
  • Hydroxychloroquine : redoublons de vigilance
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Un nouveau candidat dans l’endocardite infectieuse

Le biofilm A.urinae est identifié comme facteur de virulence dans l’endocardite infectieuse.

Récemment, la bactérie Aerococcus urinae a été incriminée dans un faible nombre de cas d’endocardite infectieuse (EI). Des chercheurs ont voulu comprendre si ce faible nombre était dû à un manque de sensibilisation et à une mauvaise identification de la bactérie, principalement recherchée en tant que streptocoque.

Ils ont ainsi utilisé l’hybridation in situ par fluorescence (FISH) afin de visualiser les microorganismes dans le tissu de la valvule cardiaque de deux patients EI, dont le séquençage avait détecté A.urinae. Les deux patients avaient des antécédents d’infection des voies urinaires. La FISH a visualisé la croissance d’impressionnants biofilms in vivo dans l’endocardite, confirmant le potentiel de la bactérie en tant que pathogène du biofilm. Dans les deux cas, une FISH couplée à une PCR était la seule méthode pour identifier sans équivoque A.urinae comme le seul pathogène responsable de l’EI. Le test FISH spécifique pour cette bactérie est maintenant disponible pour une application ultérieure dans la recherche et le diagnostic. Les chercheurs préconisent d’envisager A.urinae chez les patients atteints d’endocardite ayant des antécédents d’infection des voies urinaires.

Publié le 23 avril 2020 dans Plos One

DOI : 10.1371/journal.pone.0231827


Un acide inefficace pour l’arthrose du genou

Des chercheurs australiens ont conduit un essai clinique randomisé comprenant 223 adultes, dont les résultats n’appuient pas l’utilisation de l’acide zolédronique dans le traitement de l’arthrose du genou. Les perfusions annuelles d’acide zolédronique, par rapport au placebo, n’ont pas réduit de manière significative la perte de volume du cartilage sur 24 mois. En effet, la variation moyenne du volume du cartilage tibiofémoral sur cette période était de -878 mm3 dans le groupe acide zolédronique et de -919 mm3 dans le groupe placebo, une différence non statistiquement significative.

Publié le 21 avril 2020 dans JAMA

DOI : 10.1001/jama.2020.2938


Une piste thérapeutique pour la dégénération axonale

La dégénération axonale aiguë (DAA) est une caractéristique clé et précoce dans les troubles traumatiques et neurodégénératifs du SNC. Au cours de la DAA, des protéines autophagiques s’accumulent, notamment la kinase 1 d’activation de l’autophagie (ULK1). Des chercheurs allemands ont ainsi étudié l’effet de l’inhibition ULK1 dans différents modèles de dégénérescence axonale induite par les lésions in vitro et in vivo. Outre une diminution de l’autophagie, l’inhibition de ULK1 entraîne une augmentation de l’épissage négatif des gènes associés à la dégénérescence. Selon cette étude, l’inhibition ULK1 protège donc contre la dégénérescence axonale. ULK1 représente ainsi une nouvelle cible thérapeutique dans les maladies traumatiques et dégénératives du SNC.

Publié le 27 avril 2020 dans Nature

DOI : 10.1038/s41418-020-0543-y


Crise de la goutte et athérosclérose

Un essai clinique japonais prospectif, randomisé, en aveugle, se révèle en défaveur de l’utilisation du fébuxostat pour retarder l’athérosclérose carotidienne chez les patients souffrant de la maladie de la goutte. L’étude a suivi 483 participants avec hyperuricémie asymptomatique et dont l’épaisseur de l’intima média carotidienne (IMT) était de 1,1 mm maximum. Les résultats ont montré qu’il n’y avait pas de différence significative entre le fébuxostat et les soins non pharmacologiques pour l’hyperuricémie dans la progression de l’athérosclérose carotidienne évaluée par IMT sur 24 mois de suivi.

Publié le 22 avril 2020 dans Plos Medicine

DOI : 10.1371/journal.pmed.1003095


Pathogénicité comparée entre Sars-CoV et Sars-CoV-2

Bien que les coronavirus Sars partagent des manifestations cliniques communes, Sars-CoV-2 (S2) infecte et se réplique dans les tissus pulmonaires humains plus efficacement que Sars-CoV (S1).

Des chercheurs chinois ont étudié, ex vivo, la réplication, le tropisme cellulaire et le profil d’activation immunitaire de l’infection par S2 dans les tissus pulmonaires humains, en comparaison avec le S1.

En 48 heures, le S2 a produit 3,2 fois plus de particules virales infectieuses que celui du S1 à partir des tissus pulmonaires infectés. Les virus S1 et S2 présentent un tropisme cellulaire similaire, ciblant à la fois les pneumocytes de types I et II et les macrophages alvéolaires. Malgré la réplication virale plus efficace, le S2 n’a pas induit de manière significative les interférons de types I, II ou III dans les tissus pulmonaires humains infectés. De plus, l’infection par le S2 régule à la hausse cinq des treize médiateurs inflammatoires clés, contre onze médiateurs pour le S1. Enfin, la production d’interférons n’est pas stimulée par le S2, ce qui limite l’organisme dans sa lutte virale.

Cette étude fournit les premières données quantitatives sur la capacité de réplication comparative et le profil d’activation immunitaire de l’infection par Sars-CoV-2 et Sars-CoV, dans les tissus pulmonaires humains. Des données intéressantes en vue de la recherche de traitements.

Publiée le 9 avril 2020, dans Clinical Infectious Diseases

DOI :10.1093/cid/ciaa410


Sars-CoV-2 s’invite dans nos reins

Des chercheurs chinois ont analysé les anomalies rénales dans 26 autopsies de patients Covid-19, âgés en moyenne de 69 ans. Neuf patients présentaient des signes cliniques de lésion rénale, avec augmentation de la créatinine sérique et/ou une nouvelle protéinurie. Les autres patients présentaient, après observation au microscope optique, des lésions diffuses du tubule proximal, dégénérescence vacuolaire non isométrique et nécrose franche. L’examen au microscope électronique a montré des amas de particules de coronavirus, avec des pointes distinctes dans l’épithélium tubulaire et les podocytes. Ces études fournissent des preuves directes de l’invasion de Sars-CoV-2 dans le tissu rénal.

Publié le 14 avril 2020, dans Kidney International

DOI : 10.1016/j.kint.2020.04.003


Des patients Covid-19 hypertendus

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) augmentent l’expression de ACE2, utilisé par Sars-CoV-2 pour infecter les cellules. Ainsi, nous pensions qu’un patient sous IECA serait plus à risque face au virus. Or une étude chinoise rétrospective a inclus 1 128 patients hypertendus infectés par Sars-CoV-2 : 188 patients étaient sous IECA et bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine (ARA) et 940 patients sans IECA/ ARA. Ils ont été admis à l’hôpital et suivis durant un mois. Après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, des comorbidités et des médicaments reçus, le risque de mortalité toutes causes était plus faible dans le groupe IECA/ARA que dans l’autre groupe. Une autre analyse appariée du score de propension a même indiqué que, comparé à l’utilisation d’autres médicaments antihypertenseurs, l’IECA/ARA était associé à une diminution de la mortalité patients Covid-19 avec hypertension.

Publié le 17 avril 2020 dans AHA Journal

DOI : 10.1161/CIRCRESAHA.120.317134


Hydroxychloroquine : redoublons de vigilance

Le CRPV de Dijon analyse les effets indésirables à partir de la base nationale de pharmacovigilance concernant les patients pris en charge dans le contexte Covid-19 et des cas de mésuage : 67 % des cas déclarés concernent des médicaments utilisés dans le traitement de l’infection à Covid-19 avec une majorité de cas graves. Les signaux de sécurité identifiés sont des effets indésirables cardiaques (45 % des cas déclarés), prédominant avec l’hydroxychloroquine (70 %), mais également avec le lopinavir/ritonavir (15 %) et trois cas avec la chloroquine (100 % des cas déclarés). Des situations de mésusage, en ville, concernant l’hydroxychloroquine sont aussi responsables de douze cas d’effets indésirables déclarés aux CRPV. Les premières déclarations concernant l’ivermectine, le montélukast, le zinc ont été recueillies. La surveillance des effets indésirables et des mésuages dans ce contexte pandémique doit être renforcée.

Rapport publié le 22 avril 2020 par l’ANSM

Par Carla Masciari

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