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Vaccin Covid-19 : quels sont les prototypes les plus prometteurs ?

« Le vaccin est un moyen sur le long terme, car cela pourrait prendre jusqu’à 12 ou 18 mois. C’est se préparer à la pire des situations », a déclaré le président de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. En France, l’Institut Pasteur prend encore plus de précautions en annonçant qu’un vaccin contre le virus SARS-CoV-2 sera disponible, dans le meilleur des cas, à fin de l’été 2021.

Le vaccin est-il nécessaire ?
Restons chez soi, restons en France. Selon une étude de l’Institut Pasteur, seuls 5,7% des Français auront été infectés au 11 mai. Or, un taux de 70% d’infection est nécessaire pour atteindre l’immunité collective. Dans ce cadre, la découverte d’un vaccin semble cruciale.

Les scientifiques du monde sont à l’ouvrage pour trouver un vaccin contre le SARS-CoV-2. Selon le décompte actualisé chaque semaine par le Vaccine Centre de London School of Hygiene & Tropical Medicine, 119 projets de vaccins sont à l’étude. Néanmoins, leur différent état d’avancement ne permet pas de conclure à l’imminence d’une solution pour juguler la pandémie.

Un point sur les différents prototypes envisagés
Actuellement plusieurs candidats vaccins sont actuellement en développement et peuvent être regroupés dans trois principales catégories :

  • Des vaccins à virus entiers : la voie principale explorée est celle de l’utilisation de vecteurs viraux génétiquement modifiés pour exprimer des protéines immunogènes du coronavirus. Bien que présentant une bonne immunogénicité, ce type de vaccin peut soulever des problèmes de sécurité.

  • Les vaccins sous-unitaires ont pour objectif de provoquer une réponse immune dirigée contre la glycoprotéine « S spike » du SARS-CoV. Ainsi, la liaison du virus au récepteur ACE2 des cellules de l’hôte est bloquée. Les protéines utilisées sont produites par recombinaison génétique. Ce vaccin pourrait avoir un risque moindre d’induire une immuno-potentialisation de la maladie (l’effet facilateur).

  • Les vaccins à acide nucléique : annoncée comme l’avenir du développement des vaccins depuis des années, cette méthode n’a pourtant produit aucun résultat utilisable chez l’homme. Ce procédé développe des vaccins ADN ou ARN messager.

Quelles difficultés ?
Dans cette course contre le temps, les scientifiques partent avec un handicap de taille : aucun vaccin n’a jamais été développé contre un virus de la famille des coronavirus.
Si un candidat vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-1 avait été inventé par l’Institut Pasteur en 2004, ce dernier n’avait pour autant pas été expérimenté chez l’Homme. En effet, l’épidémie était terminée lorsque les tests étaient prêts. Une course contre la montre perdue, donc. Cette expérience est toutefois fort utile et le savoir-faire acquis est appliqué par les scientifiques de l’Institut dans le cadre du vaccin SARS-CoV-2.
La durée de recherche de ce vaccin n’est pas le seul frein au sprint. En effet, la production industrielle du vaccin à venir est une autre limite La validation des fournisseurs des matières premières, afin d’assurer des matériaux de qualité, ainsi que la production à échelle mondiale ne sont pas sans difficulté.
De plus, certaines personnes ayant contracté le COVID-19 bénéficieraient d’une immunité naturelle de courte durée, ce qui n’est pas un signe très encourageant pour la recherche du vaccin.
Des animaux de laboratoire ayant reçu diverses formes de candidats-vaccins contre le SARS-CoV-2 ont présenté une exacerbation du COVID19. Une infiltration alvéolaire d’éosinophiles du fait d’une réaction immunologique Th2 médiée a été rapportée. Ainsi, la réaction de l’organisme au vaccin est susceptible d’entraîner des effets délétères et d’aggraver la maladie : c’est l’effet dit « facilateur », rencontré dans le cas de la dengue par exemple.

En FRANCE :
Sanofi Pasteur est en première ligne des programmes de recherche d’un vaccin contre le COVID-19, en collaboration avec les autorités de santé et des partenaires internationaux. La big pharma travaille actuellement sur deux pistes de vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2. Un vaccin à base de protéines recombinantes engage le laboratoire dans une collaboration avec GSK. Un autre vaccin à ARN messager est à l’étude avec les scientifiques du laboratoire Translate Bio, leadear en ARNm-thérapie aux Etats-Unis.

En CHINE :
Avec ses deux vaccins prêts à être testés sur l’homme, la Chine semble être le pays le plus avancé dans l’élaboration d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, à ce jour.
Le premier est développé par la société pharmaceutique chinoise Sinovac Biotech, l’autre par l’Institut de produits biologiques l’Institut de virologie de Wuhan. L’agence chinoise des médicaments et de la sécurité alimentaire a donné son feu vert aux deux études. Les deux vaccins utilisent des agents pathogènes inactivés.

Aux USA :
Outre Atlantique, le laboratoire de biotechnologies américain Moderna est dans le peloton en tête de course. Le laboratoire se sert de l’ARNm permettant la synthèse de la protéine du SARS-CoV-2 qui compose ses spicules en surface par lesquelles il s’accroche aux cellules hôtes. Si les résultats sont positifs, Moderna voudrait lancer avant l’été une phase II et, dès l’automne, une phase III comprenant des centaines de participants.

Nombre de prototypes de vaccin à l’étude en fonction des différentes phase de R&D :

Source : https://vac-lshtm.shinyapps.io/ncov_vaccine_landscape/, dernière mise jour lundi 20 avril 2020.

Vaccin BGC : leurre ou réalité ?
Des études épidémiologiques ont montré une corrélation entre taux de vaccination au BCG et taux de morbidité et de mortalité face au COVID19. En revanche, aucune relation de causalité n’a été prouvée. Forts de ces observations, des chercheurs de plusieurs pays ont lancé des essais cliniques de grande ampleur chez les personnes à haut risque d’exposition.
La France travaille aussi sur le sujet et envisage une collaboration avec l’Espagne, qui mène également des recherches. Cette collaboration comparerait, à grande échelle, les bénéfices de la vaccination au BCG à un placebo commun aux deux pays

Que conclure ?
Selon le professeur Daniel Floret, expert en vaccinologie, membre de la commission technique des vaccinations de la HAS, il est peu probable qu’un vaccin joue un rôle significatif dans la résolution de la pandémie de COVID19.
La mobilisation massive des chercheurs de tout horizon pour la mise au point d’un vaccin efficace contre le coronavirus est cependant utile. Dans le cas où la pandémie perdure, un vaccin ayant démontré efficacité et tolérance sera bien sûr une arme pour contrer le virus. Enfin, cette recherche mondialement engagée sera un point clé pour les chercheurs dans le cas d’une pandémie future.

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