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“ … Je suis devenue prof de plongée à Bali.  ”

Céline Charretier a vécu toute sa vie à Saint- Maur-des-Fossés en région parisienne, enfin presque. À la fin de ses études à la Faculté de pharmacie de Paris, elle décide d’aller effectuer son stage dans une officine sur l’île de la Réunion.

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« Partir 6 mois à la Réunion, ça a été un tournant dans ma vie », s’exclame-t-elle. Elle se redécouvre loin des villes, au milieu de paysages paradisiaques, proche de l’océan et des bêtes merveilleuses qui le peuplent. Encouragée par cette expérience, elle part à l’aventure en Indonésie, enchaînant avion, bateau, voiture et scooter. En s’arrêtant à Bali lui vient l’idée qu’elle pourrait être plus que pharmacienne. « J’avais envie de me rapprocher de la nature. De faire découvrir la beauté des fonds marins. »

Crédit photo : David Despres

L’idée d’enseigner la plongée en Indonésie bien enracinée dans le crâne, Céline rentre en France pour finir sa thèse. Une thèse sur les requins et la nécessité de les protéger, une première pour la faculté. Diplôme en poche, la docteure repart, direction : le paradis. « Je n’étais pas à l’aise à la fin de mes études, la plongée m’a redonné confiance en moi. » En vivant de sa passion, la jeune femme retrouve la sérénité : « Je suis tellement apaisée quand je suis sous l’eau, comme dans un monde parallèle », confie-t-elle. Mais, malgré l’émerveillement quotidien, une certaine lassitude s’installe. Lorsque nous lui demandons si elle pourrait être prof de plongée à plein temps, elle répond vivement par la négative, et admet même : « Cela m’a manqué de travailler à l’officine. »

“ La plongée m’a aidée à l’officine, notamment à avoir un rapport plus fluide avec les gens. ”

Après huit mois sous les tropiques, retour sous la grisaille parisienne. Cela ne dérange pas notre aventurière, au contraire. Revenir en sachant que l’on a la liberté de repartir lui offre « un certain équilibre ». Elle se met alors au service d’une agence d’intérim, renforcée par son expérience : « La plongée m’a aidée à l’officine, notamment à avoir un rapport plus fluide avec les gens. En voyage on doit tout le temps s’adapter et ça m’aide en intérim, où je sais m’adapter rapidement. » La confiance retrouvée, la variété des missions ne l’effraie plus. « Je préfère les officines de quartier, où j’ai plus de contact avec les gens », signale Céline.

Entre officine et plongée, ces deux univers qui semblent si différents, elle retrouve ce sentiment gratifiant d’avoir rendu service aux gens, de leur avoir apporté quelque chose. Elle semble heureuse d’être avec nous lorsqu’elle parle de ses plongées, ses yeux s’illuminent, raie Manta, tortue et banc de poissons multicolores, chaque expérience semble plus envoûtante que la précédente. « Quand j’ai vu mon premier requin-baleine, j’ai été submergée par l’émotion. » Et nous ne pouvons que la croire. « Sur le bateau, les touristes rêvaient d’avoir notre vie, alors que c’est à la portée de tous. »

Aux pharmaciens audacieux, rien d’impossible. •

Propos recueillis par Pierre-Hélie Disderot

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