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Paysage comptable des officines de France

Pour la 27e année consécutive, KPMG nous offre une analyse chiffrée du monde de l’officine au travers de sa présentation sur les moyennes professionnelles. De nombreux comparatifs qui révèlent un paysage peu surprenant. Pourtant les changements de modalités de rémunération des pharmaciens promettent des variations pour l’avenir.

Un chiffre d’affaires qui augmente de 2% en moyenne, cela pourrait sonner comme une bonne nouvelle. En réalité les médicaments sortants de la réserve hospitalière, aux prix faramineux, mais qui ne rapportent pas, viennent faire mentir les chiffres. Nous pouvons tout de même observer des disparités en fonction du CA de chaque officine. Rien de nouveau : plus le CA d’une officine est élevé, plus l’évolution du CA l’est aussi. Les officines au-dessous de 1,1 million d’euros de CA ont en moyenne une évolution de +1,5% alors que celles dont le CA est supérieur à 2,2 millions ont en moyenne une évolution de +3,2% de leur CA. Ceux qui s’attardent sur la typologie des officines verront que les zones urbaines sont à la traîne (+1,9% d’évolution de CA) par rapport aux zones rurales (+2,4% d’évolution de CA) et que les officines situées dans les centres commerciaux sortent leur épingle du jeu avec une évolution de CA de +4,1%.

Des chiffres, encore des chiffres

Lorsque nous nous attardons sur l’évolution du CA par type de spécialités, nous observons qu’elle est tirée vers le haut par les médicaments remboursables avec +2,4% d’évolution de CA pour ceux ayant une TVA à 2,1%, cette catégorie est la première impactée par les médicaments chers. Au contraire, le taux d’évolution de CA de la parapharmacie est faible (+0,9%), probablement impacté par l’ « effet gilets jaunes », qui diminuerait grandement la fréquentation de certaines officines lors des manifestations à répétition.

La PCG, indicateur star

Mais le CA n’est pas assez représentatif de la santé financière des officines. Pour les experts de chez KPMG, le must c’est la PCG, la performance commerciale et de gestion. La PCG serait « l’indicateur financier le plus pertinent » d’après Joël Vellozzii, associé KPMG responsable national du réseau professions de santé. La PCG de 2017 à 2018 aurait diminué de 0,2%, c’est certes peu, mais ce n’est pas un excellent présage. Près de 52% des officines auraient une évolution négative de leur rentabilité.

L’étonnante évolution des frais de personnel

Variation notable de frais de personnel qui grimpe de 3,3%, plus que les années précédentes. L’explication résiderait dans les difficultés de recrutement des officines, qui ferait enfler les salaires. Aussi mis en cause, les médicaments chers, qui, en faisant augmenter le CA, forcent les titulaires à engager de nouveaux adjoints, ainsi que le plus grand nombre de missions réservées aux pharmaciens.

Où est ma marge ?

Un indicateur sur lequel certains aiment se comparer, la marge brute commerciale est, en moyenne, quasi invariable depuis 2014 et s’établit à 32% en 2018. On voit ici encore, des différences entre officines. Celles à la traîne tournent autour de 29%, tandis que les championnes de la marge sont proches des 35%, en visant principalement les médicaments remboursables et en décrochant de bons prix auprès de leurs fournisseurs. Comme souvent, les officines au CA élevé s’en sortent légèrement mieux. Du point vue de la typologie, les officines urbaines possèdent les marges les plus réduites (31,8% en 2018) à cause d’une plus forte concurrence, alors que leurs consœurs rurales profitent des meilleurs taux de marge (32,4% sur la même période), pour les raisons inverses.

« Les officines qui souffrent »

Avec près de 250 fermetures d’officines par ans depuis plusieurs années, nous savons que le temps n’est pas au beau fixe pour tout le monde. Un indicateur qui peut nous éclairer sur la santé des officines est leur trésorerie, 9,5% d’entre elles auraient une trésorerie négative. Pour Joël Vellozzi « ce sont les officines qui souffrent ».

Changement de paradigme

Ces chiffres paraissent confirmer une réalité déjà connue, si quelques-uns surprennent, la plupart d’entre eux confirment des phénomènes en cours depuis plusieurs années. Pourtant les choses vont changer, « nous passons sur un modèle de professionnel de santé payé à l’acte », nous rappelle Patrick Bordas, associé KPMG responsable du réseau professions de santé. Le modèle change et va continuer à changer, comme l’a annoncé la loi du 24 juillet 2019. Sera-t-il question de rémunération à l’ordonnance, ou à la ligne d’ordonnance ? Ces changements sauveront-ils les « petites » officines ? Une chose est sûre il faudra rester attentif.

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