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Johnson & Johnson : 572 millions de dollars d’amende sur fond de crise des opiacés

Le géant américain a été mis en cause dans la crise des opiacés qui ronge les États-Unis depuis plusieurs années. Pour avoir mis en place « de fausses, trompeuses et dangereuses campagnes de marketing, » d’après le juge Thad Balkman.

Le procès a eu lieu dans le comté de Cleveland, dans l’État d’Oklahoma, et s’est terminé ce lundi 26 août. Johnson & Johnson, commercialisant de nombreux médicaments et cosmétiques (Actifed, Biafine, Imodium, etc.) et possédant plusieurs laboratoires de grande envergure, comme le Belge Janssen, s’est vu infliger une amende de 572 millions de dollars (un peu plus de 515 millions d’euros) pour ses pratiques poussant à la consommation de médicaments dérivés du pavot.

En effet, la firme multimilliardaire commercialise des opiacés de synthèse par le biais de Janssen-Cilag, comme les patchs Durogesic, contenant du fentanyl. Elle possède aussi des champs de pavot en Tasmanie et fournirait, aux États-Unis, près de 60 % des matières premières dérivées du Papaver somniferum nécessaire à la fabrication de ces puissants antalgiques. Il est facile de comprendre l’intérêt qu’elle peut avoir à en augmenter la prescription, dans un pays où les pratiques commerciales des laboratoires sont beaucoup moins contraintes qu’en Europe, notamment vis-à-vis des médecins.

Depuis 2015, une augmentation exponentielle des overdoses

Le juge Thad Balkmann a statué que ces pratiques avaient « causé une augmentation exponentielle des taux d’addiction et de morts par overdoses. » Une accusation sans concession, dans un pays où la crise des opiacés est plus qu’un simple problème de santé publique. En 2017, le pays recensait 47 600 morts causées par overdoses d’opiacés, un chiffre en forte croissance, avec plus de 1,7 million de personnes dépendantes aux opioïdes et 650 000 à l’héroïne. Une grande partie de ces addictions commence sur une prescription médicale. Cette amende, une première pour la justice américaine, pourrait faire changer les pratiques et aider à contenir l’épidémie. Près de 2000 cas similaires devraient être jugés à l’avenir. Le cas du comté de Cleveland pourrait faire jurisprudence et représenter un tournant dans cette crise.

Une amende pas si élevée ?

Si le chiffre peut paraître impressionnant, il a à peine fait sourciller le laboratoire. Le cours de l’action à la bourse de New York a baissé quelques jours, puis repris son cours normal à l’annonce de l’amende. Les investisseurs ont été rassurés de voir qu’elle n’avait pas atteint la somme de 17 milliards de dollars (15,3 milliards d’euros) demandée par le procureur général. La firme compte tout de même faire appel de cette décision. Une stratégie différente des laboratoires Purdue Pharma et Teva, qui ont préféré des accords à l’amiable, payant respectivement 270 et 80 millions de dollars.

En France, la réglementation plus drastique envers les pratiques commerciales des laboratoires pharmaceutiques empêche ce genre d’évènement. Mais certains médecins, au travers d’une tribune dans le Journal du Dimanche, s’étaient récemment inquiétés d’une possible épidémie sur le territoire, mettant en avant le manque d’information des patients. Raison de plus pour être de bon conseil.

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