Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in posts
Search in pages

Homéopathie : la HAS en faveur du déremboursement

Le ministère des Solidarités et de la Santé a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) pour évaluer le bien-fondé du maintien au remboursement par l’assurance maladie des médicaments homéopathiques. La commission de la transparence rend public ce 28 juin 2019, son avis défavorable.

 

Depuis septembre 2018, la commission de la transparence de la HAS a mené la première évaluation scientifique française sur les médicaments homéopathiques. Cette évaluation ne concerne pas tous les médicaments homéopathiques, mais seulement ceux actuellement remboursables à 30%. Il y en a 1163, ils sont commercialisés sous leur nom latin et conditionnés dans des tubes doses ou tubes granules. La HAS précise «il ne s’agit pas d’évaluer la pratique médicale homéopathique ou son enseignement, questions qui ne relèvent d’ailleurs pas de son champ de compétences ».

L’évaluation

Elle s’est ainsi appuyée sur trois différentes sources de données et d’informations : la littérature scientifique nationale et internationale, les données déposées par les laboratoires et les éléments apportés par les autres parties prenantes (professionnels de santé, syndicats, patients et usagers,…).

La HAS a fondé son évaluation sur les principes de l’Evidence Based-Medecine qui prend en compte les preuves cliniques. En lien avec ces principes et en application de la réglementation, la HAS a pris en compte :  l’efficacité et les effets indésirables, la place dans la stratégie thérapeutique, la gravité des affections auxquelles ils sont destinés et leur intérêt pour la santé publique.

Entre les années 2000 et 2019, ce sont plus de 1 000 études scientifiques qui ont été publiées sur les médicaments homéopathiques. Parmi celles-ci, seules 37 ont été retenues comme suffisamment pertinentes pour être prise en compte dans l’évaluation. Ce sont 21 revues systématiques de la littérature et méta-analyses, 10 essais contrôlés randomisés et 6 études d’impact de santé publique. Le dossier constitué par les laboratoires n’a pas permis d’apporter de nouvelles études : soit celles citées avaient déjà été identifiées par la recherche documentaire de la HAS, soit elles n’ont pas passé la barre des critères de sélection.

Le verdict

Ce 28 juin 2019, après 9 mois de travail, la commission de la transparence rend un avis défavorable au maintien du remboursement de l’ensemble des médicaments homéopathiques. Elle considère qu’ils n’ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d’un remboursement.

Plus précisément, elle n’identifie pas de preuve de l’efficacité dans les études scientifiques sur l’ensemble des 24 symptômes ou affections étudiées et pas de données disponibles ou suffisantes pour les autres. La commission de la transparence analyse également qu’il n’existe pas d’étude robuste sur la qualité de vie des patients consommant de l’homéopathie, il est donc impossible d’apprécier son impact. Et enfin, elle ne reconnait pas de lien entre la consommation de médicaments homéopathiques et celle d’autres médicaments, la diminution du mésusage, le nombre d’hospitalisations, les retards à la prise en charge ou sur l’organisation des soins et donc sur la santé publique en général.

Par ailleurs, la HAS souligne que le recours à l’homéopathie ne doit pas retarder la prescription des soins nécessaires à la prise en charge des patients, en particulier pour les maladies graves et évolutives. Et tient à sensibiliser à nouveau prescripteurs et patients, qu’une prescription médicamenteuse n’est pas toujours nécessaire.

Partager :

À lire sur le même sujet