Réunification syndicale, homéopathie, télémédecine … Ce que nous avons retenu de la présentation de Philippe Besset nouveau président de la FSPF

Le 26 mars avait lieu la présentation à la presse du nouveau bureau de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France. Et de son nouveau président Philippe Besset, qui remplace Philippe Gaertner à la tête du syndicat.

Élu pour 3 ans, Philippe Besset a ainsi exposé les objectifs de son mandat et sa vision pour l’avenir de la profession, avec, comme fil conducteur, un sondage réalisé par la FSPF auprès de 2700 pharmaciens, tous bords confondus.

90 % des pharmaciens prêts à manifester

Le sondage nous apprend d’abord que 90% des pharmaciens interrogés seraient prêts à manifester pour défendre les principes fondamentaux de la profession. À savoir le monopole pharmaceutique, le capital réservé au pharmacien et le maillage territorial. Des valeurs que compte défendre la FSPF, a fait savoir son nouveau président.

Le sondage confirme également le plébiscite de la vaccination, avec 86 % des pharmaciens prêts à vacciner à l‘automne. Plus difficiles, les entretiens pharmaceutiques pâtissent des difficultés d’organisation, administratives et de paiement. « Nous devons travailler sur le sujet, pour simplifier le quotidien du pharmacien » répond Philippe Besset.

Quid de la rémunération complémentaire ?

Contre l’avis de la fédération, les pharmaciens sondés sont 57 % à penser qu’une rémunération complémentaire devrait être appliquée à certaines pharmacies, qui se situent dans des environnements particuliers ou réalisent des missions de santé publique importante. « Nous allons nous pencher sur la question » indique Philippe Besset.

Le nouveau président s’inquiéte de la diminution à venir de la ROSP : « en 2018, selon nos calculs elle représente environ 7 000 € par pharmacie et devrait baisser à 2700 € en 2020, ce qui explique notre refus de signature de l’avenant ».

La télémédecine ? Pas une priorité !

Le sondage confirme également la frilosité des pharmaciens envers la télémédecine. Ainsi, 67% d’entre eux ne souhaitent pas s’engager dans la télémédecine.

« Je suis d’accord pour dire que la télémédecine n’est pas la priorité pour l’officine. La priorité en 2019, c’est la vaccination et l’exercice coordonné, on ne peut pas tout faire en même temps » insiste Philippe Besset, qui précise que les urgences digitales sont le DMP puis la e-prescription. Il répète tout de même : « le numérique est vraiment le fil rouge de ce mandat ».

Vers une réunification syndicale ?

Toujours selon le sondage de la fédération : 90 % des pharmaciens interrogés souhaitent la réunification des syndicats représentatifs de la profession, à savoir l’USPO et la FSPF. « Lors de la scission en 2001, je suis de ceux qui considèrent que la minorité n’a pas été respectée » confie Philippe Besset, qui a proposé à Gilles Bonnefond une réunification du syndicalisme départemental. « C’est une main tendue au président de département » assure Philippe Besset.

Soutien homéopathique

Le tout nouveau bureau de la FSPF a mandaté son président pour soutenir le remboursement de l’homéopathie, « car elle a sa place dans l’arsenal thérapeutique » indique le président. Un soutien qui a fait bondir une partie des pharmaciens sur les réseaux sociaux. Mais Philippe Besset le réaffirme : « ce n’est pas pour des raisons économique, car nous avons calculé que la fin du remboursement serait une opération neutre pour le pharmacien, sans perte d’argent, avec le report sur d’autres produits ».