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Apodis, acteur de la lutte contre les pénuries de médicaments

À l’occasion d’une conférence de presse à Paris ce jeudi 14 mars, la start-up Apodis a présenté comment elle espère réduire de 20 à 30 % les ruptures d’approvisionnement grâce au machine learning et à une analyse des données en temps réel.

Une pénurie de médicaments qui devient chronique

L’ANSM a signalé 530 pénuries en 2017 contre seulement 44 il y a 10 ans, une situation inquiétante pour les professionnels de santé, et évidemment pour les patients. L’indisponibilité de certains produits de santé devient chronique en France et en Europe et concerne toutes les catégories de médicaments : vaccins et antibiotiques (21%), médicaments du système nerveux central et anesthésiants (19%), anticancéreux (14%)… D’après le rapport d’information du Sénat paru fin septembre 2018, « la durée moyenne des ruptures constatées en 2017 pour les MITM, les Médicaments d’Intérêt Thérapeutiques Majeurs était d’environ 14 semaines ».Délocalisation et restriction du nombre de sites de production, accidents industriels, retraits de lots, flux tendus des stocks, organisation d’une répartition non transparente et non optimale des distributeurs (des industriels jusqu’aux officinaux, les causes des ruptures sont multiples. Le rapport du Sénat rappelle que « ces situations nécessitent la mise en œuvre d’importantes mesures de gestion. Ces mesures se répercutent sur l’ensemble du circuit du médicament, des opérations logistiques à la dispensation des soins…La gestion des situations de pénuries est coûteuse pour les finances de l’assurance maladie… ».

Une distribution encadrée à affiner

La chaine de distribution pharmaceutique est-elle grippée ? D’après les chiffres présentés par Apodis, plateforme d’interaction intelligente au service du patient, les 21 611 officines de pharmacie achètent les médicaments qu’elles dispensent, soit auprès des 7 grossistes répartiteurs avec 183 établissements régionaux (au moins 2/3 des référencements), soit directement auprès des 260 fabricants du marché français. De nombreuses ruptures de stock pourraient être évitables en apportant de la fluidité, de la transparence et de l’information tout au long de la chaine de distribution.

Le point de vue de l’expert

Thomas Brunet, pharmacien d’officine à l’Ile Bouchard et fondateur de la start-up Apodis Pharma.

  • Comment réagissent les patients à l’officine en cas de pénurie d’un de leur médicament prescrit ?

Les premières réactions, parfaitement légitimes, sont l’inquiétude et l’incompréhension. D’autant plus qu’il s’agit souvent de traitements chroniques ou de pathologies lourdes telles que les cancers, infections, l’épilepsie, sclérose en plaque, Alzheimer. La première tâche du pharmacien est de rassurer son patient et de l’accompagner dans sa prise en charge optimale. S’en suit pour le pharmacien un parcours du combattant pour réussir à obtenir le traitement prescrit ou trouver l’alternative thérapeutique la plus satisfaisante pour le patient en accord avec son médecin.

  • Comment Apodis entend répondre à ces attentes ?

Aujourd’hui, les pharmaciens sont les professionnels de santé les mieux placés pour améliorer la distribution de médicaments dans un contexte de pénurie. Le réseau de pharmaciens possède un très bon maillage et ne connait pas de déserts médicaux. Les pharmaciens assurent un service de proximité sur tout le territoire 24h/24H et 7J/7J. De plus, les informations collectées par les pharmaciens permettent parfaitement de maitriser l’état de distribution d’un médicament. C’est pour répondre à ces questions que nous avons créé la startup collaborative Apodis Pharma qui mutualise en temps réel les données issues des pharmacies. Le principe est de mettre à disposition des laboratoires fabricants et des grossistes répartiteurs toutes les données permettant de mesurer le niveau de rupture, d’anticiper les éventuelles tensions futures en maitrisant les niveaux de stocks présents dans le réseau officinal, et de pouvoir proposer une solution d’urgence très ciblée vers les pharmacies les plus critiques.

  • En pratique, comment faites-vous ? Comment se procurer le médicament manquant ?

Avant, nous étions obligés de passer un certain nombre d’appels téléphoniques auprès des laboratoires et des grossistes pour obtenir une information fluctuante et rapidement obsolète. Aujourd’hui nous avons conçu un programme sur mesure qui permet d’apporter des solutions en temps réel aussi bien au pharmacien dans son officine qu’à l’industriel qui rencontre une difficulté dans sa production et dans sa logistique au bénéfice immédiat de l’usager. Nous avons constaté que les causes non accidentelles de rupture peuvent venir d’un simple manque de coordination et de transparence au niveau de la chaîne de distribution surtout quand la demande augmente de façon non prévisible et exponentielle, comme dans le cas des vaccins saisonniers ou des médicaments et dispositifs innovants par exemple. Nous avons donc travaillé avec des officinaux, des ingénieurs en IA et des logisticiens pour proposer des outils de mesure et d’analyses simples à mettre en place. Ces logiciels et applications, permettent à tous de détecter et de piloter en temps réel les ruptures de stock et d’établir des prédictions pour anticiper les ruptures suivantes. Nous essayons de répondre ainsi au plus près des points soulevés par le rapport du Sénat : rétablir la confiance entre les acteurs de la chaîne de distribution, renforcer la coordination entre eux, et surtout, satisfaire la demande de nos patients.

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