Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in posts
Search in pages

Valsartan : 750 000 patients potentiellement concernés, selon l’ANSM

L’ANSM donnait ce matin une conférence de presse pour faire le bilan sur la contamination de certaines spécialités de valsartan, et les tensions d’approvisionnement à prévoir.

« C’est un problème mondial, né au sein d’une usine chinoise de matière première » rappelle Dominique Martin, directeur général de l’ANSM, lors d’une conférence de presse. En juillet dernier, certaines spécialités à base de valsartan avaient été rappelées, suite à la découverte d’une impureté probablement cancérogène (groupe 2A du CIRC) : la N-nitrosodiméthylamine (NDMA).

« Cette contamination serait due à un changement de procédé industriel en 2012 dans l’usine chinoise » explique Nicolas Thevenet, directeur adjoint de la direction des situations d’urgences, des affaires scientifiques et de la stratégie européenne (DSSE). 9 fabricants de valsartan, sur les 13 Français, sont concernés, soit la moitié des boites de valsartan délivrées en officine.

Alors que 1,5 million de Français sont traités par le valsartan, la moitié aurait donc été exposée au valsartan contaminé. Soit 750 000 personnes. Si la NDMA est classée comme probablement cancérogène chez l’homme, ces résultats ne sont que des extrapolations. L’agence européenne du médicament (EMA) estime ainsi qu’elle pourrait être responsable d’un cas supplémentaire de cancer sur 5000. Mais uniquement si l’exposition a lieu pendant 7 ans, à la dose maximale.

Surtout pas d’arrêt brutal du traitement

L’ANSM se veut donc rassurante, et insiste sur une donnée capitale : l’arrêt brutal du valsartan est fortement déconseillé. En effet, un arrêt du traitement expose a bien plus de risque que la présence de NDMA. Chez un hypertendu par exemple, l’arrêt peut être responsable d’une poussée d’hypertension artérielle et d’un AVC.

« C’est un problème pour lequel on a des solutions, il y a des alternatives au valsartan » explique Dominique Martin. Les prescripteurs pourront en effet se tourner vers d’autres sartans ou des IEC.

Plus préoccupant : l’ANSM prévoit un pic de rupture de stock de valsartan dans les semaines à venir. Elle exhorte ainsi les industriels qui ne sont pas concernés par la contamination à garantir l’accès à ce médicament. L’ANSM estime que la situation devrait revenir à la normale fin novembre, bien que « nous sommes soumis à la réalité de ce que les industriels sont capables de produire » ajoute Dominique Martin.

L’EMA a d’ores et déjà constitué un groupe d’expert en toxicologie, pour évaluer plus finalement l’impact de la NDMA chez l’homme.

À lire sur le même sujet