Rupture de stock : l’Académie de Pharmacie demande des mesures urgentes

« En dépit des mesures législatives, réglementaires et professionnelles prises ces dernières années, la situation risque de se dégrader si des mesures complémentaires appropriées ne sont pas envisagées »

 

En 2017, 30% des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur étaient en rupture de stock ou en tension d’approvisionnement, selon l’ANSM. Toutes les classes thérapeutiques sont touchées, entrainant une perte de chance conséquente pour les patients. Face à cela, le Sénat vient de créer une mission d’information sur la pénurie de médicaments et de vaccins, dont les auditions commenceront jeudi 5 juillet.

Dès 2008, l’Académie Nationale de Pharmacie a alerté sur les risques liés à l’indisponibilité et aux pénuries de médicaments. En juin 2018, elle réaffirme ces recommandations, qui souhaitent notamment distinguer les mesures à prendre d’urgence pour atténuer immédiatement le phénomène de rupture, et les mesures à plus long terme pour les prévenir.

« En dépit des mesures législatives, réglementaires et professionnelles prises ces dernières années, la situation risque de se dégrader si des mesures complémentaires appropriées ne sont pas envisagées » indique ainsi l’Académie de Pharmacie, qui dénonce « un manque de communication et de coordination entre les parties prenantes (industries, distributeurs, Autorités réglementaires, Agences, organismes payeurs) ».

 

Des mesures d’urgence

Pour agir vite, l’Académie recommande ainsi :

– des mesures de gouvernance comme la désignation « au plus haut de l’état (par exemple au niveau du Premier ministre) » d’un coordonnateur chargé notamment de recenser les médicaments indispensables et de conduire un plan d‘action pour chaque produit avec des objectifs opérationnels.

des mesures économiques d’urgence, comme la possibilité de réviser le prix des médicaments pour élargir la disponibilité.

des mesures réglementaires, comme le respect des délais d’enregistrement d’AMM et un système de dialogue « avec les industriels, sur un de mode de flexibilité réglementaire »

 

Et des mesures de prévention à long terme

Avec comme recommandation entre autres :

– la mise à jour de la liste des médicaments indispensables

– Envisager la « relocalisation de la synthèse des substances actives (voire de certains excipients indispensables à la formulation pharmaceutique) en Europe ». L’objectif avancé par l’académie : atteindre, par paliers, une indépendance de l’Europe pour les « médicaments indispensables ».

 

Pour les ruptures de vaccins, l’Académie de pharmacie recommande des mesures spécifiques, comme : informer l’industrie le plus en amont possible un changement du calendrier vaccinal, harmoniser les calendriers européens et travailler à l’élimination des tests sur animaux, au profit de méthodes in vitro.

À lire sur le même sujet