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Les oméga 3 : un incontournable !

La petite enfance est un moment clé de la croissance. Développement du système immunitaire, des structures cérébrales et rétiniennes : quel est le rôle des acides gras dans le bon développement ? Décryptage.

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Le cerveau des mammifères est composé à 60 % d’acides gras, dont environ 25 % d’oméga 6, et d’oméga 3, principalement sous forme de phospholipides, qui ont ainsi un rôle majeur dans la structure des membranes cellulaires neuronales. Les oméga 6 s’accumulent rapidement dans le cerveau en développement, notamment entre le 3e trimestre de la grossesse et la 2e année de vie, et contribuent au processus de myélinisation des neurones. Plusieurs études ont démontré son importance dans le trafic cellulaire, la modulation de la réponse inflammatoire et son impact dans l’évolution ou le déclenchement de maladies inflammatoires communes de l’enfant, telles que l’asthme, l’eczéma, la dermatite atopique et les allergies alimentaires.

L’importance de l’apport

Les synthèses de ces acides gras étant limitées chez le nourrisson, l’apport doit être important, notamment en période postnatale. Si l’OMS recommande que les nourrissons soient allaités jusqu’à l’âge de 6 mois et si possible jusqu’à 2 ans, c’est justement pour garantir cet apport, les acides gras étant présents en grande quantité dans le lait maternel. Pourtant, ces taux peuvent varier en fonction de l’alimentation de la mère, notamment en ce qui concerne les omégas 3. Dans les formules infantiles, le niveau de supplémentation est basé sur les taux moyens d’acide gras contenus dans le lait maternel. Plus tard, dans l’alimentation solide, les sources majoritaires d’oméga 6 sont : le bœuf, la volaille, les œufs et les fruits de mer. Avoir une alimentation bien variée est donc primordial chez l’enfant à partir de la diversification qui, pour rappel, doit avoir lieu après 4 mois et de préférence avant 6 mois. Certaines limitations liées à des facteurs économiques, des croyances religieuses, ou l’idée que la viande ou le poisson ne sont pas adaptés aux jeunes enfants peuvent avoir un impact sur le niveau d’apports en omégas 3 et 6. De façon générale, les apports en acides gras chutent de plus de 50 % après la diversification et il est largement admis que l’alimentation des jeunes enfants est à teneur faible en oméga 6.

Les conséquences d’une carence

Les déficits en acides gras essentiels altèrent le métabolisme lipidique et énergétique, les structures des membranes cellulaires et les voies de signalisation intracellulaire. En cas de carence profonde, l’issue peut être fatale. L’addition d’acides gras essentiels est courante depuis très longtemps en Europe (avant 1994) mais est plus récente aux États-Unis (2001). De nombreuses études ont examiné l’effet de cette supplémentation, notamment chez le prématuré du fait de besoins accrus, sur le développement psychomoteur et neurosensoriel. Les conclusions des méta-analyses ont démontré que les niveaux d’apport de ces formules infantiles doivent être comparables à ceux du lait maternel avec les mêmes ratios en oméga 3 et oméga 6. Les études récentes montrent clairement de meilleures performances cognitives en cas de consommation de formule infantile enrichie pendant plus de 6 mois. Deux équipes ont comparé la fréquence de maladies communes du nourrisson alimenté avec une formule infantile non enrichie ou enrichie en oméga 3 (0,32 % des AG totaux) et oméga 6 (0,64 % des AG totaux). Ces études ont conclu à une diminution de la fréquence des bronchiolites/bronchites, congestions nasales, toux, diarrhées sévères en cas de supplémentation. Une autre cohorte a suivi jusqu’à 3 ans des enfants nourris au cours de la première année avec une formule supplémentée ou non et a constaté un risque moindre de développement d’une infection respiratoire supérieure, d’asthme, de dermatite atopique ou d’allergie dans le groupe ayant consommé une formule enrichie.

Des recommandations à respecter

Les oméga 3 et 6 sont présents dans les formules infantiles à hauteur de 0,2 à 0,4 % du total des acides gras. Ces quantités ont été calculées à partir de données mondiales basées sur leurs dosages dans le lait de mère et de recommandations d’experts. La nouvelle règlementation au niveau européen imposera l’ajout de DHA avec un minimum de 4,8 mg/100 kj pour les laits 1er et 2e âge.


La diversification, pour rappel, doit avoir lieu après 4 mois et de préférence avant 6 mois.

Par Tina Géréral

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