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La lombalgie, mal du siècle

Parce qu’on l’entend quotidiennement dans notre entourage, on la sous-estime. Pourtant, la lombalgie représente un problème de santé publique plus coûteux que le sida, le cancer ou les maladies cardiovasculaires.

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Dans les sociétés occidentales, la pathologie lombaire toucherait quatre personnes sur cinq au moins à un moment dans leur vie. Sa fréquence est en hausse constante depuis quarante ans. Elle est la première cause de handicap dans la population salariée de moins de 45 ans et l’une des premières causes d’arrêt de travail. On peut décrire deux types de lombalgies :

  • Lombalgie aigüe ou lumbago. Douleurs intenses de la région lombosacrée, pouvant irradier dans les fesses ou à la face postérieure des cuisses, sans dépasser les genoux, et évoluant depuis moins de trois mois.
  • Lombalgie chronique. Elle fait souvent suite à un lumbago ou apparaît de façon progressive. Sa définition est la même que celle du lumbago, mais cette lombalgie évolue depuis plus de trois mois, sans tendance à l’amélioration. Ces cas chroniques ne représentent que 7 % des lombalgies, mais sont responsables de 75 % des dépenses liées à cette affection. Après la mise en place d’un traitement antalgique et parfois décontracturant, durant la phase aigüe des douleurs, la réadaptation lombaire comportera un apprentissage de postures de protection lombaire, un renforcement musculaire via des exercices de rééducation, mais aussi le port d’une ceinture lombaire ou d’un corset.

La ceinture lombaire, l’herculéenne

Elle en a apaisé, des douleurs lombaires ! Figure de proue des orthèses de soutien et de maintien, la ceinture lombaire permet aussi bien de prévenir le mal de dos que de le soulager, à l’inverse de la ceinture abdominale, qui s’utilise généralement à la suite d’une opération chirurgicale. Son action est triple : ses propriétés mécaniques assurent un soutien de la partie inférieure de la colonne vertébrale alors que sa capacité à maintenir une température constante participe à la relaxation musculaire ; enfin, son caractère contraignant lui confère son rôle de rappel postural en obligeant son utilisateur à adopter une bonne posture. Le choix de la ceinture lombaire dépendra du type d’activité de l’individu : si l’on est professionnellement actif, si l’on est amené à effectuer des travaux de force répétés ou si l’on reste majoritairement en position assise, la ceinture ne sera pas la même. On préfèrera ainsi une ceinture à forte contention pour les deux premiers cas alors qu’un appareil plus souple conviendra parfaitement au dernier scénario. Évidemment, quel que soit son type de ceinture, il est impératif de suivre les indications de la prescription médicale qui préciseront et son temps de port (diurne et/ou nocturne) et sa durée d’utilisation maximale. Le port prolongé de la ceinture lombaire est en effet prohibé.

De la même manière qu’une corticothérapie au long cours ne saurait être recommandée pour le patient, une utilisation abusive de la ceinture lombaire ne saurait profiter à son porteur. Pis, elle le priverait de ses bénéfices. En effaçant la limite distinguant assistance et substitution, la ceinture prendrait le pas sur la musculature dorsale. Moins sollicitée, cette dernière régresserait et aggraverait ainsi les douleurs lombaires. C’est pourquoi on limite son utilisation dans le temps et qu’on la déconseille la nuit lorsque cela n’est pas nécessaire.

Globalement, on distingue trois types de ceintures lombaires selon leur action thérapeutique :

  • Les bandes-ceintures et ceintures de soutien lombaire, à visées essentiellement antalgiques et indiquées en cas de douleur du rachis lombaire non pathologique ;
  • Les ceintures de soutien lombaire (indiquées en cas de rachis à pathologie modérée) ;
  • Les corsets d’immobilisation vertébrale (indiquées en cas de rachis à pathologiegrave). Selon le type de douleur, la gravité, la profession ou la mobilité de la personne, l’une ou l’autre de ces ceintures sera indiquée. S’il l’avait eu, Hercule ne serait pas allé voler la ceinture d’Hippolyte chez les Amazones. Et on parlerait aujourd’hui de ses onze travaux…

Maxime Deloupy

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