Vaccination à l’officine, vous dites non !

C’est l’une des propositions phares de la future loi de santé : l’autorisation pour les pharmaciens de pratiquer certaines vaccinations. En attendant un cadre légal, la mesure suscite la controverse.

 

  • La vaccination des patients est-elle du ressort du pharmacien ?

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  • Êtes-vous favorable à la vaccination à l’officine ?

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  • Pensez-vous que les patients sont prêts à se faire vacciner à l’officine ?

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Un refus net
Plus que sceptiques, les pharmaciens interrogés se montrent réticents à pratiquer la vaccination. 74 % s’y déclarent opposés et 78 % estiment qu’elle n’est tout simplement pas de leur ressort. Ils sont également 38 % à mettre en doute la volonté des patients à venir se faire vacciner à l’officine.

  • Estimez-vous être suffisamment formé pour injecter un vaccin ?

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  • Êtes-vous prêt à suivre une formation pour savoir vacciner ?

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  • Selon vous, cet acte nécessite-t-il une rémunération ?

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Une obligation de formation… et de rémunération
Une belle preuve d’humilité ! 91 % des pharmaciens se déclarent insuffisamment formés pour injecter un vaccin… mais seuls 49 % envisagent une formation dédiée. En revanche, tous militent pour que ce nouvel acte, s’il devait être entériné, s’accompagne d’une rémunération. 42 % des pharmaciens sondés l’estiment à moins de 10 € et 39 % le situent entre 10 et 20 €.

  • Pensez-vous que cette mesure soit susceptible de générer des économies pour l’Assurance maladie ?

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  • Craignez-vous que ce nouvel acte cause des problèmes administratifs ou de facturation ?

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Une activité chronophage
Chat échaudé craint l’eau froide… Encore marqués par les retards de paiement liés aux entretiens pharmaceutiques sur les AVK, les pharmaciens redoutent à 70 %, avec la vaccination à l’officine, de nouveaux dysfonctionnements administratifs ou de facturation.

  • Comprenez-vous la vive opposition à cette mesure des médecins et des infirmiers ?

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La solidarité est de mise
La proposition a provoqué l’ire des médecins et des infirmiers. Malgré l’enjeu de santé publique de cette future mesure du projet de loi de santé (accroître la couverture vaccinale), les pharmaciens comprennent les réticences de leurs collègues.

 

Témoignages :

 

« À chacun son métier et les vaches seront bien gardées ! »

« Pour rappel, nous n’avons toujours pas touché la somme pour les entretiens pharmaceutiques. Alors, la vaccination… »

« Recentrons-nous d’abord sur notre métier, c’est le meilleur moyen d’améliorer le service rendu aux patients. »

« Délivrer des boîtes n’est plus suffisant pour justifier un monopole attaqué de partout. Bougeons-nous et montrons à nos politiques que nous sommes capables de vacciner. »

« La vaccination par les pharmaciens est une nouvelle tentative de l’État pour désolidariser l’ensemble des professionnels de santé. Diviser pour mieux régner… »

« Le gouvernement essaie de nous faire avaler des couleuvres en nous jetant cette mesure comme ultime compensation. Nous ne sommes pas dupes. À oublier ! »

« Messieurs les politiciens, pourquoi ne pas inventer un système d’auto-injection ? Comme ça, plus besoin de médecins, d’infirmières et de pharmaciens. »

« Nous avons manifesté pour garder notre monopole, pas pour ‘‘piquer’’ celui des infirmières ! »

 

La Revue Pharma en partenariat avec Pharmagest

Méthodologie : 320 titulaires, 284 adjoints, 211 préparateurs et 36 étudiants interrogés entre le 28 octobre et le 6 novembre 2014.