Notre cabinet a analysé les performances économiques des pharmacies d’officine que nous accompagnons au quotidien sur l’ex-région Limousin.
Population étudiée
Cette étude porte sur des officines dont les exercices clos en 2025 et l’exercice précédent sont complets (12 mois), hors opérations de transfert ou de regroupement.
Un échantillon représentatif du territoire :
Les officines étudiées se répartissent de manière équilibrée :
• 40 % en zone rurale
• 31 % en gros bourg
• 20 % en zone urbaine
• 9 % en centre commercial
La typologie des pharmacies étudiées reflète également une grande diversité en termes de chiffre d’affaires :
• 17 % avec un CA < 1 M€
• 23 % entre 1 M€ et 2 M€
• 49 % entre 2 M€ et 4 M€
• 11 % avec un CA > 4 M€
Une rentabilité en nette amélioration
Globalement, le chiffre d’affaires (CA) hors taxes moyen est en hausse de 3,8 % en 2025 par rapport à l’exercice précédent. Les pharmacies dont le CA est inférieur à 1 million d’euros, en fort recul en 2024 (-8,6 %), voient leur activité se stabiliser (-1,1 %), signe d’une résistance retrouvée des structures de petite taille. Surtout, la rentabilité des officines se redresse nettement, après une année 2024 dégradée.
Ce rebond s’explique notamment par :
• Une marge commerciale sur ventes en nette progression ;
• Une stabilisation du taux de marge brute globale, après plusieurs exercices de repli ;
• Des charges de personnel et des charges externes qui progressent moins vite que l’activité.
Compte tenu de la part croissante des médicaments chers dans l’activité, il devient pertinent de raisonner non plus en CA par personne, mais en marge par personne, ETP (équivalents temps plein) confondus. Sur notre échantillon, la marge brute globale par ETP progresse à 104 967 € en 2025, contre 98 023 € en 2024, soit une hausse de 7,1 %. Ce niveau rejoint le seuil de 105 K€ de marge par personne qui s’impose progressivement comme un nouveau standard de la profession. Le chiffre d’affaires TTC par ETP suit une évolution comparable (+6,8 %), à 373 090 €.
Ce ratio, encore hétérogène selon les officines, tend à devenir une référence pour ajuster les effectifs aux besoins réels de l’officine, mais aussi dans les démarches de valorisation des fonds de commerce.
Un marché des acquisitions spécifique
Les données 2025 montrent un prix moyen d’acquisition en retrait, mais des valorisations exprimées en multiple de l’EBE en légère hausse. Rapporté à la marge brute globale, le prix de cession moyen représente 2,53 fois cet indicateur. On note également la poursuite du recul de l’apport personnel, qui traduit un recours accru à l’endettement. Ce phénomène s’explique pour partie par la présence importante de Z.F.R.R. donnant droit à des exonérations d’impôts. Avec des taux d’intérêt encore élevés, la prudence reste de mise pour les opérations de reprise. Il demeure essentiel de préserver un autofinancement suffisant pour absorber les chocs éventuels sur les marges. •



