L’ANSM continue sa lutte contre la vente illicite et la publicité illégale de médicaments à base d’aGLP-1 sur internet. Ce lundi, l’Agence a annoncé une nouvelle mesure de police sanitaire à l’encontre de la société AZRL LTD pour la commercialisation en ligne du produit dénommé « FastPen 40 mg », un stylo injectable présenté comme contenant du rétatrutide, le triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon du laboratoire Eli Lilly, encore en développement, mais déjà très populaire sur les réseaux sociaux.
Sur internet, le produit était présenté comme un « peptide amaigrissant », à grand renfort de messages publicitaires : « Vous avez déjà tout essayé. À chaque fois, l’appétit et les fringales ont repris le dessus », « c’est une méthode complète, sans le parcours de 6 mois imposé en pharmacie » ou encore « en moyenne, 13 à 38 kg perdus sur 3 à 5 mois ».
« La société AZRL LTD est tenue de procéder au rappel dans les meilleurs délais de ce produit, en tout lieu où il se trouve », indique l’ANSM, qui en est déjà à sa dixième décision de police sanitaire en moins d’un an à l’encontre d’un site vendant des aGLP-1. La deuxième pour la société AZRL LTD, déjà épinglée quelques semaines plus tôt pour la vente illicite de deux autres contrefaçons « Azentra Retatrutide 40mg » et « Azentra FastPen », toujours présentées comme contenant du rétatrutide.
Un engouement qui ne faiblit pas
Près de huit ans après la commercialisation d’Ozempic (sémaglutide) en France et deux ans après celles de Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide), l’engouement autour des aGLP-1 sur les réseaux sociaux est loin de s’essouffler. Selon un récent sondage Ifop pour Darwin Nutrition, 18 % des Français – 16 % d’hommes et 20 % de femmes – se disent prêts à avoir recours à cette classe thérapeutique pour perdre du poids, dont près de la moitié, 41 %, sans prescription médicale via des pharmacies étrangères ou des sites non autorisés.
Plus inquiétant encore, le recours aux aGLP-1 frauduleux s’inscrit désormais dans la tendance plus large des « peptides » : une flopée de produits injectables vendus sur internet, les réseaux ou même via des circuits informels, « présentés comme (…) permettant de perdre du poids, de faire une “sèche” ou d’améliorer les performances sportives », alertait l’ANSM début juillet. Mi-août, l’association de consommateur UFC-Que Choisir s’est aussi inquiétée de cette dérive exportée des États-Unis et qui échappe à tout contrôle réglementaire.

