C’est peu dire que le communiqué a fait s’étrangler les pharmaciens. Dans un texte commun publié le 25 septembre par l’UFML-S, syndicat de médecins libéraux, et Convergence Infirmière, syndicat d’infirmières libérales, les deux organisations fustigent les missions confiées aux pharmaciens, tout en questionnant les compétences des officinaux.
Les médecins et infirmiers dénoncent notamment un « détournement des actes », alors qu’OSYS devrait être généralisé à toutes les pharmacies d’ici la fin de l’année.
Extraits choisis de ce communiqué titré « Les petits arrangements entre amis ça suffit ! » ?
« Les pharmaciens n’ont jamais porté le soin à domicile, tout au plus livré des médicaments comme le ferait Amazon », « Non la médecine, non l’exercice infirmier ne sont pas quatre protocoles et quelques heures de formations » ou encore « les pharmaciens vendent les pansements qu’ils conseillent. (…) Cette double position de conseil et de vendeur pose une question de conflit d’intérêts qui mérite une réponse claire ».
Sans compter un tacle aux préparateurs, taxés « d’assistants non professionnels de santé » à qui le pharmacien déléguerait « des actes médicaux ». Le tout en évoquant une « collusion » entre les pharmaciens, « favorisés très régulièrement », et les gouvernements Macron successifs.
« Dénigrement des pharmaciens »
L’USPO n’a pas manqué de réagir aux propos de l’UFML et de Convergence Infirmière, dénonçant le 28 septembre un « dénigrement des pharmaciens ». « Débattre de l’organisation des soins est nécessaire. Dénigrer et calomnier une autre profession de santé n’est aucunement acceptable », regrette Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO.
« Accuser publiquement les pharmaciens de bénéficier d’une supposée « collusion », évoquer des « petits arrangements entre amis » ou laisser entendre que des actes de santé seraient réalisés de manière illégitime dans les pharmacies dépasse très largement le cadre d’un débat professionnel », martèle encore Pierre-Olivier Variot, qui précise que ces propos « portent atteinte à l’honneur des pharmacies et de leurs équipes, notamment des préparateurs en pharmacie, qui sont eux aussi des professionnels de santé ».
Le président de l’USPO a annoncé déposer trois plaintes auprès des Ordres professionnels des infirmiers et des médecins. « Le Code de déontologie infirmier est pourtant particulièrement clair : il interdit de calomnier un autre professionnel de santé, d’en médire ou de se faire l’écho de propos susceptibles de lui nuire dans l’exercice de sa profession ». Aussi, « la déontologie médicale impose également le respect des autres professions de santé et de leur indépendance professionnelle », souligne le pharmacien dijonnais.
Déjà un précédent
L’USPO est d’autant plus agacée qu’elle a déjà eu un précédent avec Convergence infirmière. En janvier dernier, le syndicat d’infirmières avait accusé les pharmaciens « d’appropriation du rôle d’infirmier » dans le cadre d’OSYS et de la prise en charge des plaies au comptoir.
Une procédure avait alors été engagée. « Elle s’était conclue par une conciliation au cours de laquelle Convergence Infirmière s’était engagée à ne plus dénigrer la profession de pharmacien. Cet engagement semble aujourd’hui avoir été oublié », regrette Pierre-Olivier Variot.
Et de conclure : « On peut défendre sa profession sans salir celle des autres ».

