« Il y a quelque chose dans l’air de sympa », a réagi Fabrice Camaoini, fraîchement élu à la tête de la FSPF, au sortir du Congrès national des pharmaciens qui avait lieu à Nantes ce week-end. Engagé depuis 2013 à la « Fédé », le pharmacien des Ardennes a donc pris la suite de Philippe Besset dans un triple contexte bouillant pour l’officine : négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie, PLFSS 2027 et élection présidentielle à venir.
Et Fabrice Camaioni entend bien le faire savoir : la FSPF sera en ordre de marche pour défendre la profession, « ce syndicat est une machine de guerre », réaffirmant son attachement aux trois piliers aux origines de son engagement : « le monopole, le réseau géographique et l’indépendance du pharmacien ».
« Notre modèle de rémunération est arrivé au bout d’un cycle »
Face aux baisses de prix, mais surtout à la baisse des volumes, « notre modèle de rémunération est arrivé au bout d’un cycle », rappelle Fabrice Camaioni. « Nous ne sommes pas contre la déprescription, mais, forcément, cela change les paramètres et il faut que nous continuions à vivre de notre travail », souligne-t-il.
Valorisation de l’intervention pharmaceutique, nouveaux honoraires, forfait structure : c’est donc tout l’enjeu de la refonte du modèle économique, chantier de l’avenant 4 avec l’Assurance maladie, qui démarrera le 15 octobre prochain.
Impatience autour de la substitution nicotinique.
En parallèle, le syndicat travaillera avec l’USPO et l’Assurance maladie à la rédaction de l’avenant 3, « qui vise à rémunérer ce que l’on fait déjà », indique Fabrice Camaioni : la transposition d’OSYS dans le droit commun, le dépistage et le suivi de l’hypertension artérielle ou encore les entretiens autour du diabète de type 2. Prochaine réunion sur le sujet ? Le 6 octobre, avec un rythme d’un rendez-vous par mois.
La Fédé espère aussi pouvoir ressortir du placard la prescription des substituts nicotiniques en pharmacie, alors que l’expérimentation promise il y a 3 ans est sans cesse renvoyée aux calendes grecques.
« On aura bien mis une petite pièce sur la substitution nicotinique, il faut sortir de cette logique d’expérimentation ! Les pharmaciens sont formés et prêts à réaliser des sevrages tabagiques », s’impatiente encore le président de la FSPF, alors que l’expérimentation pourrait imposer au pharmacien une formation de 10h sur les substituts nicotiniques.
Les groupements ? « Il y a un flou »
Enfin, le nouveau président en a profité pour réagir à la financiarisation de l’officine et au rapport IGAS/IGF qui s’interroge sur le poids des groupements de pharmacies dans la chaîne de valeur du médicament. « Je ne suis pas défavorable aux groupements, mais je ne dis pas que c’est obligatoire », explique-t-il.
« Quand on parle de génériques, qui substitue ? C’est le pharmacien. Pourquoi celui qui me permet d’avoir des conditions commerciales devrait se rémunérer plus que moi sur le travail que je produis ? », s’interroge-t-il, dénonçant un manque de transparence. « Il y a un flou, tous les groupements ne nous logent pas à la même enseigne en matière d’information ». Et de conclure : « Que des groupements qui appartiennent à des fonds d’investissement sans rapport avec la pharmacie s’enrichissent pendant que le pharmacien trime, ce n’est ni moral ni normal ».

