Le cabinet d’expertise comptable Cléon Martin Broichot accompagne les entreprises et oriente leurs stratégies en comptabilité, audit légal et gestion des ressources humaines.
Population étudiée : 75 OFFICINES
Zone géographique
26 en zone rurale, 19 en gros bourg, 23 en zone urbaine et 7 en centre commercial
Chiffre d’affaires
Parmi elles, 27 ont un CA inférieur à 1,5 M€, 23 ont un CA compris entre 1,5 M€ et 2 M€ et 25 ont un CA supérieur à 2 M€.
Population étudiée
Les statistiques CGP – édition 2026 – portent sur un échantillon national de 1 905 pharmacies parmi les 4 540 clients du réseau. Dans le Grand Est, dont fait partie notre région Bourgogne-Franche Comté, nous avons sélectionné 75 officines représentatives de la diversité de notre tissu officinal : zones rurales, gros bourgs, centres-villes et centres commerciaux, sur l’ensemble des tranches de chiffre d’affaires.
Répartition du chiffre d’affaires et produits chers
Les ventes hors honoraires de dispensation progressent de 5,83 % par rapport à 2024, après + 6,53 % l’année précédente. Cette hausse reste un trompe-l’œil : elle est portée pour l’essentiel par les médicaments chers (PFHT > 150 €), dont les ventes bondissent de + 15,59 % et qui représentent désormais 44,24 % du chiffre d’affaires à 2,1 %. Cette progression s’explique par l’essor des prescriptions hospitalières et le développement des traitements biologiques. Elle masque en revanche la baisse régulière des volumes de médicaments remboursables (– 2 % de boîtes) et l’érosion des prix confirmée par l’indice Insee à – 2,39 % fin 2025.
Par taux de TVA, le segment 5,5 % progresse de 5,99 %, tiré par les compléments alimentaires. Le 20 % avance de 5,61 %. Le marché OTC (10 %) marque le pas à + 1,02 %, signe d’une automédication qui plafonne. Au total, le chiffre d’affaires incluant les honoraires s’établit en hausse de 5,62 %, mais la marge brute globale ne progresse que de 2,77 % : l’écart illustre l’effet négatif du mix produits chers sur la rentabilité réelle de l’officine.
Charges de personnel : un poste toujours sous pression
Les frais de personnel représentent 10,87 % du CAHT en 2025 contre 11,07 % en 2024, soit une progression en valeur absolue de 10 200 € (+ 3,66 %). La hausse d’activité a légèrement dilué le ratio, mais l’augmentation en euros reste significative : elle absorbe à elle seule plus de la moitié du gain de marge brute globale sur l’exercice. La difficulté de recrutement des préparateurs, bien réelle dans notre région, entraîne une surenchère salariale à l’embauche. Ce phénomène affecte en particulier les officines de moins de 1,5 M€ de CA, dont la capacité d’absorption est plus limitée. La maîtrise de la masse salariale (organisation des plannings, management, recours aux nouvelles technologies…) devient un enjeu stratégique de premier plan pour préserver la rentabilité de l’officine.
En conclusion, dans notre région, la lecture du seul chiffre d’affaires continue d’induire en erreur : la progression affichée masque une contraction des volumes, une marge sous pression et un effet ciseaux persistant entre la croissance des charges et celle de la rentabilité réelle de l’officine. •


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