À l’occasion de la journée de promotion de l’application carte Vitale qui a mobilisé plus de 1 000 pharmacies, le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, est venu sur le terrain défendre la pertinence de ce nouvel outil.
« Je me demande si j’ai vraiment besoin d’avoir ma carte Vitale sur mon téléphone », s’interroge Raymond, la quatre-vingtaine bien sonnée. Comme lui, ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler sous le chapiteau dressé par l’Assurance maladie devant la pharmacie Bobigny 2 (Seine-Saint-Denis) à l’occasion de la journée de découverte de l’application carte Vitale sur smartphone. Une journée de discussions, de rencontres et surtout de découverte, qui a mobilisé plus de 1 000 pharmacies partenaires sur l’ensemble du territoire, en France hexagonale ainsi que dans les DROM, et des centaines d’agents de la Cnam.
Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, a lui aussi fait le déplacement pour répondre aux questions des assurés et éprouver de visu l’efficacité de ce nouvel outil numérique de la Cnam déployé depuis mars 2025 pour les détenteurs de la carte nationale d’identité électronique et novembre 2025 pour tous les assurés.
« L’avantage, c’est qu’avec l’application carte Vitale, vous êtes certains que vos droits sont toujours à jour », soufflera même le numéro un de la Cnam à notre octogénaire, qui, après une longue négociation déclinera finalement la proposition, plaisantant « qu’il n’oublie jamais rien » et donc n’a pas forcément besoin d’avoir sa carte Vitale sur son smartphone. L’opération n’aura toutefois pas été complètement vaine : Raymond se laissera tout de même tenter par l’activation de son compte « Mon Espace Santé », plus attiré par ce dossier médical numérique.
3,5 millions d’utilisateurs
La plupart des assurés présents se sont dans l’ensemble montrés moins réticents, et repartent très souvent avec leur carte verte directement accessible depuis leur smartphone. « Depuis le début de la journée, nous avons échangé principalement avec des séniors, mais il y avait aussi beaucoup de jeunes qui se sont montrés très intéressés, confie Richma, l’une des agentes de la Cnam sur place. Les gens voient que le téléphone concentre de plus en plus de choses, qu’ils l’ont toujours sur eux, donc ils sont très ouverts à l’idée d’avoir aussi leur carte Vitale ».
Depuis sa mise en place, l’application carte Vitale a été activée par plus de 3,5 millions de personnes et revendique 200 000 nouveaux utilisateurs par mois. « Nous n’avons pas fixé d’objectifs quantitatifs, car le projet ici n’est pas de remplacer la carte physique, confie Thomas Fatôme, il s’agit plutôt de faire connaître cette option aux assurés et la montée en charge se fera par l’usage, comme cela a été le cas pour la carte bancaire ou les titres de transport ».
C’est pourquoi la Cnam multiplie ces derniers mois les campagnes de communication et de mails aux assurés pour les informer de cette nouvelle option. Avec 90 % des officines utilisatrices de l’application selon la Caisse, rien de plus normal que de s’appuyer sur les pharmacies pour en remettre une couche auprès des assurés. « Ce sont les pharmacies qui, quelque part, ont permis à la carte Vitale de réussir. Et je suis convaincu que c’est en pharmacie que ce nouveau réflexe va s’imposer », justifie Thomas Fatôme.
Crédits photos : CPAM Seine-Saint-Denis
Combo gagnant avec l’ordonnance numérique ?
Avec cette nouvelle option, la Cnam entend systématiser le recours à la carte Vitale pour chaque acte de tiers payant en s’appuyant sur un objet que les patients ont toujours sur eux. « Nous sommes confiants sur le fait que cette nouvelle habitude va rentrer dans la vie des patients. Combinée à l’ordonnance numérique, elle apportera plus de sécurité pour lutter contre les fraudes, mais aussi une meilleure traçabilité et plus de simplicité à la fois pour les patients, mais aussi pour les pharmaciens qui, en deux scans, auront le contenu de l’ordonnance et l’identité du patient avec la certitude que ses droits sont à jour », explique Thomas Fatôme.
La Cnam planche déjà sur des améliorations de son outil pour le rendre encore plus attractif. Prochainement, les droits complémentaires pourront aussi être intégrés dans l’application carte Vitale ce qui dispensera le patient de présenter sa carte mutuelle tous les ans ou lorsqu’il se rend dans une nouvelle pharmacie. « Tout dépendra de la vitesse à laquelle les organismes complémentaires vont se greffer, mais dès l’été 2027, ils pourront construire ce service avec nous », affirme Thomas Fatôme.
L’application devrait aussi permettre d’accéder à de nouveaux services comme l’usage en établissement de santé, la délégation à une personne de confiance, ou encore l’identification sécurisée à d’autres services du numérique de santé. Enfin pour plus de transparence, la Cnam voudrait greffer des notifications à chaque remboursement « dès le premier trimestre 2027 » afin de « rendre plus lisibles les facturations pour les assurés » et permettre de lutter contre les fraudes. « Plus le cadre sera sécurisé, plus il sera compliqué de facturer de faux actes », estime Thomas Fatôme.


