C’est parti pour le remboursement de Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) ! Depuis ce lundi 15 juin, les deux spécialités sont officiellement prises en charge dans le traitement de l’obésité. Sous quelles conditions ? Pour quels patients ? Quid de ceux déjà sous traitement ou encore de la double indication, diabète de type 2 et obésité, de Mounjaro et du justificatif d’accompagnement ? On vous résume les conditions de prise en charge.
Qui peut prescrire ?
Deux nouveaux arrêtés publiés au Journal officiel (JO) du 12 juin sont venus préciser la liste des prescripteurs autorisés à initier le traitement en vue d’une prise en charge par l’Assurance maladie dans le contrôle du poids. « La prescription initiale du médicament est réservée aux professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3, indiquent-ils, à savoir :
– Les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM), médecins compétents en nutrition (médecin titulaire d’un DESC, d’une FST appliquée ou d’une VAE nutrition), chirurgiens bariatriques titulaires du DIU de chirurgie de l’obésité exerçant dans les structures suivantes :
- un Centre spécialisé de l’obésité (CSO) ;
- une Structure de soins médicaux et de réadaptation (SMR) mention « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition » ;
- un CHU.
– Les médecins experts impliqués dans la prise en charge de l’obésité suivants :
- les médecins coordinateurs de Parcours Coordonné Renforcé (PCR) « Obésité complexe » ;
- médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM). Dans ce cas, le prescripteur doit exercer en lien avec un CSO. La formalisation de ce lien avec un CSO passe par l’existence d’une charte entre le spécialiste en endocrinologie et le CSO ou par une activité médicale en cours (au moins partielle) en CSO.
Le renouvellement peut par contre être établi par tout médecin.
« La prescription de ces spécialités pharmaceutiques à base d’analogues du GLP-1 indiquées dans le contrôle du poids ou le diabète s’effectue sur une ordonnance classique (elles ne relèvent pas du dispositif des médicaments d’exception) », indique par ailleurs le ministère de la Santé dans sa FAQ dédiée.
Pour quels patients ?
Les conditions de remboursement sont plus restreintes que celles de l’AMM. Le remboursement s’applique uniquement à l’adulte, en complément d’un régime hypocalorique et d’une activité physique accrue, dans 2 situations :
- lorsque l’IMC initial est supérieur ou égal à 40 kg/m2, après échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite (perte de poids inférieure ou égale à 5 % à 6 mois) ;
- et lorsque l’IMC initial est supérieur ou égal à 35 kg/m2, dans les mêmes conditions, avec au moins une comorbidité liée au poids.
La liste des comorbidités est précisée dans les différents arrêtés. Elles comprennent notamment un diabète de type 2, une hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux, une hypertriglycéridémie > 5 g/L, une stéatohépatite non alcoolique, un SOPK, des problèmes de fertilité ou encore un syndrome d’apnée du sommeil ou un asthme sévère en en lien avec l’obésité après avis d’un pneumologue, d’un ORL et/ou d’un allergologue.
À noter que « l’IMC initial correspond à l’IMC du patient lors de l’initiation du traitement indiqué dans le contrôle du poids, quel que soit son statut de remboursement », indiquent les deux arrêtés. « Le patient doit (…) remplir les critères cliniques de prise en charge au moment où a été initié son traitement par Wegovy ou Mounjaro même si cette initiation est antérieure au 15 juin », précise également le ministère de la Santé dans sa FAQ.
Quid du justificatif de prescription ?
À l’instar du diabète de type 2, la prise en charge des aGLP-1 dans l’obésité est conditionnée à la présentation d’un formulaire d’accompagnement à la prescription, complété via le téléservice dédié sur Amelipro ou en version papier, par le prescripteur et remis au patient en même temps que l’ordonnance ou enregistré dans son DMP.
Ce document devra être présenté à chaque dispensation, faute de quoi le traitement ne pourra pas être pris en charge.
Les patients déjà sous traitement sont aussi concernés. « Si vous étiez déjà traité par Wegovy ou Mounjaro avant le 15 juin 2026, vous devez obligatoirement obtenir un justificatif d’accompagnement à la prescription pour pouvoir bénéficier d’un remboursement pour les dispensations postérieures au 15 juin 2026 », indique le ministère de la Santé.
Par ailleurs pour Mounjaro, qui dispose de la double indication diabète de type 2/obésité, le ministère précise que « dans le cas d’un patient pris en charge à la fois pour un diabète mais également pour le contrôle du poids un seul des deux justificatifs d’accompagnement à la prescription est nécessaire ».


