Selon les statistiques professionnelles 2026 CGP, la trésorerie disponible des pharmacies a augmenté de 1,23 % entre 2024 et 2025 (après un recul de 1,69 % un an plus tôt).
La consolidation de la trésorerie s’explique par une vigilance plus accrue de la part des titulaires sur leurs dépenses et une croissance plus contenue des principaux postes de charges.
Ainsi, la hausse des frais généraux s’est ralentie (+2,30 % en 2025 contre +5,94 % en 2024) tout comme celle des charges de personnel (+3,66 % en 2025 contre +5,61 % en 2024).
En parallèle, l’inflation s’est ralentie en 2025 : +0,9 % seulement, après +2 % en 2024 selon l’INSEE.
Par ailleurs, le taux de marge des officines a reculé de 0,77 point en 2025 (contre – 1,08 point en 2024) sous l’effet conjugué de la hausse des prix et de la progression toujours soutenue des ventes de produits chers.
Dans ce contexte, il convient de s’interroger sur les différentes options de gestion des excédents de trésorerie dont disposeraient les pharmaciens en fonction des spécificités propres à leur officine.
Petit tour d’horizon des solutions envisageables
Conserver sa trésorerie
Maintenir un niveau de trésorerie disponible suffisant peut permettre d’anticiper d’éventuels risques de liquidité. Le Besoin en Fonds de Roulement normatif représente environ 8 jours de CA et reste maîtrisé. Pour une officine, la recommandation est de disposer d’environ un mois de charges fixes en cash-flow disponible.
Réduire son délai de règlement auprès des fournisseurs
Lorsqu’il dispose d’excédents de trésorerie, le pharmacien peut envisager de revoir les conditions de règlement auprès de ses principaux fournisseurs sachant que la durée moyenne du crédit fournisseurs constatée était de 42 jours en 2025.
Les grossistes-répartiteurs, par exemple, accordent des escomptes de règlement qui varient en fonction des délais de paiements (jusqu’à 0,25 % maximum d’escompte).
Attention toutefois, plus la pharmacie réduit ses délais de règlement, plus elle augmente son BFR.
En 2025, 97,5 % du financement des stocks en pharmacie était couvert par l’encours fournisseurs.
Investir sans emprunter
Disposer d’un excédent de trésorerie peut être l’occasion de réaliser certains investissements qui s’avèrent nécessaires.
Un matériel devant être renouvelé fréquemment pourra ainsi être autofinancé.
Il est cependant toujours conseillé d’avoir recours à l’emprunt pour les investissements importants.
La trésorerie disponible peut ainsi permettre de servir de garantie ou de constituer un apport complémentaire en vue de l’obtention d’un prêt bancaire.
Malgré la hausse des taux d’intérêt constatés, le recours à l’emprunt bancaire reste une solution à envisager, d’abord parce que les fonds disponibles peuvent ne pas être suffisants pour couvrir l’investissement, et ensuite pour bénéficier de l’effet de levier de l’emprunt.
Rembourser ses emprunts par anticipation
Le remboursement anticipé d’un emprunt est envisageable si la pharmacie dispose d’une trésorerie importante, mais il n’est pas toujours opportun.
Lorsque l’emprunt se rapproche de son terme, davantage de capital sera remboursé, et par conséquent moins d’intérêts seront versés, le remboursement anticipé sera donc généralement sans intérêt.
La question se pose également lorsque les emprunts concernés ont été souscrits à des taux d’intérêt faibles.
Attention enfin au montant des indemnités de remboursement anticipé qui s’appliqueront éventuellement.
Rembourser les comptes courants d’associés/distribuer des dividendes
En l’absence de contraintes (bancaire ou statutaire), le remboursement des comptes courants peut en principe être effectué à tout moment.
Le remboursement des comptes courants d’associés ne doit pas pour autant fragiliser l’équilibre financier de la pharmacie.
Une distribution de dividendes peut également être envisagée. Contrairement au remboursement des comptes courants d’associés, la distribution de dividendes sera soumise au PFU de 31,4 %, et pourra dans certains cas être également soumise à cotisations sociales.
Placer l’excédent de trésorerie
Toute décision de placement suppose un arbitrage entre prise de risque, rendement du placement et immobilisation de trésorerie. Elle doit tenir compte du taux d’intérêt, du risque encouru et de la durée prévue du placement.
Les comptes à terme, peu risqués, représentent aujourd’hui une opportunité de placement de trésorerie à court et moyen terme. En effet, leurs taux de rémunération varient entre 2 et 3 %.
Ainsi, la gestion des excédents de trésorerie nécessitera une attention particulière, d’abord en fonction des contraintes conjoncturelles, ensuite en fonction des besoins et nécessités de la pharmacie. Cette gestion ne doit pas mettre en difficulté la pharmacie. L’expert-comptable reste un conseiller de choix, qui pourra déterminer le besoin de trésorerie nécessaire et les excédents réellement disponibles afin d’en optimiser leur utilisation.


