Avec 8 800 euros supplémentaires par officine en moyenne, l’excédent brut d’exploitation (EBE) a légèrement progressé en 2025, note le groupement d’experts-comptables CGP mi-mars, à l’occasion de la présentation de ses statistiques de la profession.
Après une chute de l’EBE en 2024, les comptables constatent donc une légère embellie auprès de son échantillon de 1905 pharmacies étudiées.
Dans le détail, « nous avons enregistré 267 100 euros d’EBE en moyenne par pharmacie en 2025, contre 258 400 en 2024, soit une progression de 3,4 % », note Bastien Legrand, expert-comptable chez FCC et président du réseau CGP. Toutefois, il précise qu’il « s’agit avant tout d’un rattrapage des pertes de l’année dernière, où l’EBE avait baissé de 10 000 euros par officine ».
+ 20 000 euros de marge
La marge brute globale, elle aussi, est en progression cette année, passant de 712 000 euros en 2024 à 732 000 euros par officine. « La marge a augmenté en moyenne de 20 000 euros par pharmacie, dont 11 000 euros qui s’expliquent par la revalorisation de l’honoraire et les nouvelles missions », analyse Bastien Legrand.
5 000 euros supplémentaires par pharmacie, en moyenne toujours, ont été dégagés par la revalorisation des honoraires à l’ordonnance, actée lors de la signature de l’avenant 1 à la convention pharmaceutique en juin 2024.
À cela s’ajoutent 6 000 euros de plus qu’en 2024, liés aux nouvelles missions, dont environ 1 000 euros de ROSP. « Les dépistages du cancer colorectal, les vaccinations, les TROD… La profession a pris à bras le corps une partie des nouvelles missions, les plus faciles et les plus rémunératrices. Cependant, du côté des entretiens pharmaceutiques, le réseau est en retard », souligne l’expert-comptable.
Bémol
Si le réseau retrouve de timides couleurs, il ne faut toutefois pas occulter les disparités entre officines et les fermetures de pharmacies en 2025. « Oui nous avons eu la meilleure marge en euros de toutes les dernières années, hors Covid, mais bémol : le réseau se restructure, il y a moins de pharmacies et donc les officines sont plus importantes et dégagent donc automatiquement plus de marge », tempère Bastien Legrand.
Aussi, les toutes petites officines creusent l’écart d’un point de vue rémunération du titulaire. « En moyenne, les officines de moins de 1 million de CA rémunèrent 2 600 euros net le titulaire, soit 31 300 euros par an, ce qui pèse pour 50 % de l’EBE. Contre 86 500 euros de rémunération du titulaire par an dans les pharmacies de plus de 4 millions de CA, soit 16 % de l’EBE », souligne Bastien Legrand.
Toutes tailles confondues, les pharmaciens titulaires se sont versés en moyenne 62 000 euros de rémunération, soit une augmentation de 2,2%.
Tableau : Répartition de l’EBE par tranche de CA (en milliers d’euros)



