Les résultats étaient très attendus. Lancée il y a 6 mois par Sébastien Lecornu, les conclusions de la mission IGAS/IGF sur la rémunération de la distribution pharmaceutique ont été présentées vendredi 27 mars aux syndicats de pharmaciens, révèle la FSPF.
Et le constat est sans appel : « la mission constate une dégradation de la rentabilité de l’économie officinale depuis la fin de la crise de l’épidémie de covid-19 », souligne la FSPF.
Aussi, sur les 10 dernières années, le rapport pointe une baisse de 11 points de l’excédent brut d’exploitation (EBE) et de 10 points du taux de marge pour l’officine. Une dégringolade d’autant plus marquée à partir de 2022, quand, en parallèle, l’industrie pharmaceutique retrouve des couleurs.

Cette baisse est plus nette pour les officines de zones rurales et de bourgs ruraux, ainsi que pour les pharmaciens dans le 1er quartile de chiffre d’affaires. « En revanche, la rentabilité reste meilleure dans ces zones, les grands centres urbains ayant la rentabilité la plus mauvaise en raison de la concurrence », note la mission IGAS/IGF. « Un état des lieux implacable préalable à une évolution urgente de notre modèle de rémunération », constate la Fédé.
« La mission a également reconnu le caractère vital pour les pharmacies, particulièrement les officines des territoires ruraux, des remises commerciales sur les médicaments génériques », ajoute la FSPF qui se félicite : « les pouvoirs publics semblent donc, enfin, entendre nos alertes et prendre conscience du péril qui pèse sur nos officines et sur l’accès aux soins ».
Le syndicat a demandé à être rapidement reçu par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, afin de « bâtir un modèle protecteur du réseau officinal, préservant chaque pharmacie et assurant l’avenir de la profession, dans le cadre d’une trajectoire économique pluriannuelle négociée avec l’Assurance maladie ».


