Alors que le CESP (Contrat d’Engagement de Service Public) est désormais ouvert aux étudiants en pharmacie, les explications avec Syrine Ayed, porte-parole de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF)
Le CESP est désormais ouvert aux étudiants en pharmacie, en quoi cela consiste ?
Syrine Ayed : Le CESP (Contrat d’Engagement de Service Public) a été créé en 2009 par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST). Jusqu’à présent réservé de manière limitée aux étudiants en médecine et en dentaire, il est maintenant accessible aux étudiants en pharmacie dès la deuxième année. Ce dispositif repose sur un engagement réciproque entre l’État et les étudiants en pharmacie. En contrepartie d’une allocation mensuelle de 1 200 euros brut par mois imposables, les bénéficiaires s’engagent à exercer, à l’issue de leurs études, dans des zones identifiées par les ARS comme sous-denses pour une durée équivalente au temps de perception de l’allocation.
Il s’agit d’une mesure pensée pour les parcours officinaux et hospitaliers, nécessitant une réflexion anticipée sur l’orientation professionnelle, en lien avec les besoins réels des territoires. En cas de rupture de contrat avant l’obtention du diplôme, l’étudiant devra rembourser l’intégralité des allocations perçues, ainsi qu’une majoration de 200€ par mois. Si la rupture se fait après l’obtention du diplôme, l’étudiant devra payer une pénalité de 20 000€.
Saluez-vous cette décision ?
L’ANEPF salue l’ouverture du CESP en pharmacie, à laquelle elle était favorable depuis 2020. Elle travaille à sa mise en place depuis la promulgation de loi ouvrant le CESP aux étudiants en pharmacie en 2023. Cette décision est une grande avancée pour le maillage pharmaceutique et permet de renforcer l’offre de soins dans les territoires sous-denses.
Avec le CESP et la réforme du troisième cycle, quel va être le rôle des étudiants en pharmacie pour soutenir le maillage territorial et l’égalité d’accès au soin ?
Pour l’ANEPF, l’ouverture du CESP aux futurs pharmaciens et la mise en œuvre de la réforme du troisième cycle court (R3C) constituent deux leviers complémentaires qui redéfinissent profondément la place de l’étudiant dans la réponse nationale au renforcement du maillage territorial. Le CESP offre la possibilité aux étudiants de s’engager dès leur parcours universitaire dans une démarche incarnant une volonté de réduire les disparités d’accès aux soins. Cette mesure, longtemps attendue dans la filière, reconnaît la légitimité du pharmacien comme acteur de premier recours et comme professionnel essentiel dans l’équilibre territorial, à l’heure où les missions du pharmacien s’élargissent.
La R3C renforce cette dynamique en recentrant la formation sur l’acquisition de compétences concrètes par des enseignements plus contextualisés et connectés aux besoins réels des territoires et aux évolutions de la profession ainsi qu’une immersion professionnelle plus longue. En encourageant la réalisation d’un stage en zone sous-dense, cette réforme permet à l’étudiant de comprendre la réalité quotidienne des territoires fragiles, et découvrir la variété des besoins pharmaceutiques. Ces expériences donnent la possibilité aux étudiants d’identifier des opportunités professionnelles diverses.
Ainsi, grâce au CESP et à la R3C, les étudiants en pharmacie affirment leur volonté collective de garantir que chaque personne puisse bénéficier d’un accès équitable à un professionnel de santé.


