Depuis plusieurs mois, le ministère de la Santé élabore un projet de décret pour limiter la première délivrance d’antalgiques de palier I à deux boîtes. Paracétamol, aspirine, ibuprofène pourraient être concernés par le texte dans les tuyaux, qui vise à limiter le gaspillage.
Une mesure qui a rapidement provoqué l’opposition des syndicats de pharmaciens, comme le rappelle Philippe Besset, président de la FSPF, qui dénonce « une multiplication des formules, avec 7 jours pour les pansements, 10 jours pour les compléments nutritionnels oraux ». « C’est une machine à ne pas se souvenir des règles et à avoir des indus ! », avait également réagi le président de l’USPO, Pierre-Olivier Variot, le 28 janvier.
Le 5 février dernier, les syndicats de pharmaciens et les laboratoires pharmaceutiques ont été reçus au ministère à ce sujet. « Le cabinet de la ministre de la Santé dit avoir entendu nos remarques et nos alertes sur le projet de décret, rapporte Philippe Besset dans son live hebdomadaire. Le ministère ne veut pas revenir en arrière sur la lutte contre le gaspillage et le bon usage des antalgiques, il nous demande donc de proposer des solutions alternatives ».
Les syndicats vont donc avoir un mois pour formuler une contre-proposition. « Nous pourrions par exemple proposer que, dès lors qu’il s’agit d’une ordonnance renouvelable et donc chronique, il n’y ait pas de limitation de délivrance », suggère le président de la FSPF, « avec pourquoi pas une limitation du nombre de comprimés pour les ordonnances aiguës ».
Toutefois, Philippe Besset tient à alerter sur l’importance du traitement de la douleur : « peut-être que dans certains cas, il y a une mauvaise observance et un stockage des boîtes chez les patients, mais dans 80% des cas, les patients ont besoin de leur traitement contre la douleur, il n’est pas question de leur enlever ».


