fresenius webinaire novembre 2025
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Honoraires, missions, plafond des adjoints : les grands chantiers de l’USPO pour 2026

À l’occasion de ses vœux fin janvier, l’USPO a remis son ordonnance pour 2026. Rémunération, missions : le syndicat réclame des arbitrages rapides pour sécuriser l’économie officinale et accompagner l’évolution du métier.

« Après une année chahutée, mais qui s’est bien terminée, je souhaite tout le meilleur à la pharmacie », a lancé Pierre-Olivier Variot, lors de ses vœux fin janvier. Le président de ­l’USPO espère que son syndicat restera « un GPS pour aider à tracer la route des pharmaciens ». Une route qui devra « entamer un virage de la rémunération en officine », espère le titulaire dijonnais.

« Depuis des années, notre volonté est de changer de mode de rémunération pour le désensibiliser des volumes de médicaments », tient à rappeler Pierre-Olivier Variot. « Le “1 euro à la boîte” représente 2 milliards d’euros pour notre réseau. Il pèse lourd dans notre rémunération et pourtant il est en déflation. Il faut donc se décorréler très vite de volumes et transformer l’honoraire », avance le président de l’USPO.

À l’aune des résultats de la mission IGAS/IGF sur l’économie officinale, l’USPO s’attellera donc à tenter d’augmenter l’honoraire et les missions pour pérenniser la rémunération, « à condition qu’il n’y ait pas de perdants », met en garde Pierre-Olivier Variot. Pour cela, le syndicat travaille actuellement à une simulation économique de la création de nouveaux honoraires et espère l’ouverture rapidement d’un avenant 2 – ou d’une nouvelle convention – avec l’Assurance maladie.

Plafond des adjoints et numerus clausus

En 2026, les lignes doivent bouger, souhaite l’USPO qui réclame, déjà, un relèvement du plafond pour le nombre d’adjoints par officine. Actuellement fixé à 1,3 million d’euros de CA HT, « ce montant n’a pas évolué depuis 2022 et devrait suivre l’inflation », indique le président de l’USPO qui table sur une augmentation autour de 1,5 million d’euros.

Autre variable chiffrée à ajuster : le numerus clausus pour installer une officine, fixé à 2 500 habitants. « Il fut un temps où une pharmacie était rentable avec 2 500 habitants ; ce n’est plus le cas… », soulève Pierre-Olivier Variot. Un seuil à adapter, toutefois, aux officines ultramarines, car « la problématique d’accès aux soins n’est, par exemple, pas la même en Guyane où le taux de natalité est fort et en Guadeloupe où il est très faible », souligne-t-il.

HTA, OSYS et PDA

Côté missions, si l’USPO salue la pérennisation d’OSYS dans les 4 régions expérimentatrices, le syndicat espère l’intégration dans le droit commun d’ici le 1er semestre 2026. « Cette généralisation pourra être faite, soit par arrêté, soit par le champ conventionnel avec, dans ce cas, une entrée en application plus longue », précise Guillaume Racle, titulaire dans la Marne et élu USPO. Elle devra également fixer la rémunération pour les officines qui réaliseront ces prises en charge et orientations, actuellement de 12,50 euros.

Pour aller plus loin encore, l’USPO s’est rapprochée de l’ancien ministre de la Santé – et cardiologue isérois – Yannick Neuder, pour échanger autour du dépistage de l’hypertension artérielle en officine… Et, pourquoi pas, de la délivrance d’un traitement le temps d’obtenir un rendez-vous chez le médecin. Une proposition de loi sur la santé cardiovasculaire a été déposée à l’Assemblée nationale par Yannick Neuder en décembre, « nous verrons comment la pharmacie pourra s’y inclure », anticipe Pierre-Olivier Variot.

Parmi les objectifs de l’USPO pour la profession : faire, aussi, avancer les grands chantiers en suspens. La préparation des doses à administrer (PDA) pour commencer, qui ne dispose toujours pas de cadre réglementaire. « Nous avons émis le souhait que la PDA soit prise en charge pour les patients avec des difficultés cognitives », précise Pierre-Olivier Variot. Autre chantier en retard : la substitution des dispositifs médicaux, votée fin 2023. « Nous n’avons toujours pas de texte, de codification claire », rappelle ­Guillaume Racle.