fresenius webinaire novembre 2025

Hygiène intime : zones délicates, donc à protéger

Fragile, la zone intime des petites filles et des adolescentes nécessite une hygiène adaptée. Au comptoir, quelques conseils simples permettent de prévenir irritations et infections.

 

Encore immature, la zone vulvaire de la petite fille est particulièrement fragile, ce qui rend la zone plus vulnérable aux irritants, aux bactéries et à la macération. Les vulvovaginites sont fréquentes et surviennent généralement en cas d’hygiène insuffisante ou inadaptée, ou sous l’effet d’irritations locales. Leurs conséquences — prurit, brûlures, douleurs à la miction, pertes, rougeurs, etc. — peuvent avoir un retentissement sur le confort, le sommeil ou la scolarité. À la puberté, la flore vaginale évolue (pH plus acide sous l’effet des lactobacilles), et apparaissent les sécrétions physiologiques (leucorrhées), la pilosité pubienne et les cycles menstruels. Les changements hormonaux, les règles, les vêtements serrés, les pratiques sportives… sont autant de facteurs qui peuvent perturber l’équilibre local.

 

Les bonnes pratiques chez la petite fille

Chez la petite fille, la priorité est à l’apprentissage des bons gestes et à la prévention des irritations et des infections liées à l’immaturité anatomique. Concrètement, il faut encourager l’application de quelques recommandations essentielles, auprès des parents et, lorsque cela est possible, auprès de la fillette :

• Une toilette intime par jour suffit, avec de l’eau tiède et un savon doux non parfumé ; éviter les savons agressifs, les bains moussants, les produits parfumés (causes fréquentes de vulvo­vaginite) ;

• Laver la vulve uniquement, jamais l’intérieur du vagin ;

• Laver et s’essuyer d’avant vers l’arrière pour éviter de transférer des germes de l’anus vers la vulve ;

• Nettoyer avec les mains propres plutôt qu’avec des gants de toilette et des lingettes ;

• Sécher en tamponnant avec une serviette propre, sans frotter ;

• Porter des sous-vêtements en coton, les changer au moins une fois par jour ;

• Éviter les vêtements trop serrés, les maillots humides gardés trop longtemps.

Rappeler l’importance de ne pas se retenir d’aller aux toilettes, car c’est un facteur qui favorise la macération, les irritations, les vulvites et vulvovaginites.

 

Les conseils à privilégier chez l’adolescente

Trois messages clés sont à transmettre : préserver la flore intime, adopter une hygiène menstruelle adaptée et garder la zone vulvaire propre sans excès. Une hygiène trop agressive peut déséquilibrer la flore et favoriser mycoses ou vaginites. En pratique, ce qu’il faut mettre en avant au comptoir :

• Effectuer une toilette intime par jour, éventuellement deux pendant les règles ;

• Utiliser un lavant doux sans parfum, au pH adapté, et uniquement sur la vulve ;

• Proscrire les douches vaginales ; les adolescentes doivent être informées du fonctionnement naturel du vagin (autonettoyage, sécrétions physiologiques) ;

Pendant les règles : changer la protection toutes les 4 heures environ (plus souvent si elle est saturée), vider la coupe menstruelle toutes les 4 à 8 heures, puis la rincer à l’eau claire et éventuellement avec un savon doux ;

• Choisir des textiles en coton (pas de synthétique serré).

 

Quand passer le relais au médecin ?

Le pharmacien doit orienter vers une consultation médicale si les symptômes (prurit, douleurs, brûlures ou rougeurs) persistent malgré les mesures d’hygiène. Il en est de même en cas de pertes malodorantes, sanglantes ou verdâtres ou lors de douleur importante, fièvre ou altération de l’état général. Des vulvites ou vulvovaginites qui récidivent fréquemment doivent également conduire à consulter. ■

 

Messages clés pour le pharmacien

• Ni trop ni trop peu : hygiène quotidienne douce, sans surenchère de produits ;

• Protéger la zone vulvaire : éviter les savons agressifs, antiseptiques et produits parfumés ;

• Éduquer tôt : apprendre les bons gestes dès l’entrée en autonomie (3-4 ans) ;

• Repérer les signaux d’alerte et ne pas hésiter à recommander une consultation médicale.